vendredi 28 juillet 2017

Le melon, du champs aux cageots

Le Domaine de Farlet à Mèze est une melonnière en agriculture bio comme il en existe quelques autres dans la région. A sa tête, la famille Ricome. De parents viticulteurs, Hugues a commencé le melon un peu par hasard en 1978. Il faut dire que la production de ce légume dans le Languedoc n'est pas très ancienne. Elle a démarré avec le réseau d'irrigation créé sous De Gaulle lorsque il a été décidé d'assécher la Camargue. Les terres étant équipées d'un réseau d'eau, les viticulteurs se sont progressivement mis au maraichage, et le melon a rapidement eu la faveur de certains.

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Depuis, l'exploitation d'Hugues et de son épouse a pris de l'essor. Avec 200 hectares en production conventionnelle et 40 en bio, le couple a été rejoint par leur fils il y a 16 ans, puis leur belle fille Anaïs il y a 7 ans. Pour distribuer leur melon, ils ont dû se doter d'une station de tri et de conditionnement importante. A la saison, entre les champs et la station, 200 personnes manipulent ainsi quelques 8000 tonnes de melon.

En 1998, à Saint-Thibéry, la famille Ricome a également créé une organisation professionnelle qui rassemble 4 autres familles, elles-mêmes à la tête de deux exploitations (conventionnelles et bio). Plus forts commercialement, ils vendent tous ensemble leurs melons aux MIN et aux supermarchés, sous deux marques phares "Goût du sud" et "Goût du bio" , un Label rouge et les marques des distributeurs.

Un dispositif qui peut paraître effrayant mais qui est nécessaire car la saison du melon est courte (de mai à septembre/octobre) : impossible pour les producteurs de passer à côté.

Des plants à la cueillette...

Chaque année, c'est le même rituel. Dès le mois de mars-avril, selon la météo, on prépare la terre pour les premières plantations. Pas de semis ici car le Domaine de Farlet produit directement en terre et non sous serre. Les jeunes pousses sont donc plantées à la main, sur de longues buttes de terre, paillées et équipées d'un goutte-à-goutte pour l'irrigation. En moyenne, 3 hectares sont plantés en une journée. Protégés par une couverture en voile recyclable, les plants sont alors à l'abri des températures encore fraiches, du vent, de la pluie et des animaux sauvages, notamment les sangliers. Le mildiou et l'oidum sont les ennemis du melon, mais la rotation des cultures avec le blé, le pois chiche ou le tournesol permet de casser le cycle de ces maladies. De toutes façons, mieux vaut mettre toutes les chances de son côté car en culture bio, seuls les engrais et les pesticides organiques sont autorisés et répandus 3 à 4 fois par cycle.

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Environ 90 jours vont être nécessaires pour que les plants produisent des melons bons à être récoltés. Seulement 60 pour les plantations de mai, puis de nouveaux 80 à 90 jours pour celles de juillet, les dernières de la saison. Au fur et à mesure de leur croissance, les plants sont découverts progressivement pour les acclimater.

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Bien vite, les champs sont parsemés de petits fleurs jaunes que les abeilles viennent polliniser (en prélevant le pollen des fleurs mâles qu'elles déposent sur les fleurs femelles). On dit alors le melon est "noué". Le renflement accolé à la fleur femelle grossit petit à petit et forme 5 semaines plus tard un melon prêt à être ramassé. Une seconde floraison, 28 jours après la première, donnera un second melon, mais de moins bonne qualité.

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®Caroline Chadal-Interfel

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Les saisonniers, par équipe de trente, passent alors chaque matin dans les différentes parcelles pour récolter les melons mâtures. A l'aide d'une canne, Les ramasseurs écartent les feuilles des plantes pour déceler les bons spécimens qu'ils coupent avec un sécateur. Selon les jours, ils peuvent remplir entre et 6 et 15 remorques, contenant chacun 12 palox de 250 kgs environ.

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®Caroline Chadal-Interfel

Entre le champs et l'assiette, la station

Sitôt arrivés à la station à Saint-Thibéry, les palox sont stockés à l'ombre puis au frais, à -10° pour éviter tout choc thermique qui altèrerait la chair. Les melons sont ensuite déversés sur un tapis roulant, brossés et contrôlés une première fois par des saisonniers formés en début de saison qui rejettent les spécimens avec des éclats, de la pourriture...

Sur une première chaine de conditionnement, un second tri est effectué qui distingue les melons "coeurs de gamme" et les premium, autrement dit les Labels rouges et marques assimiliées des surpermarchés. Ces melons, qui subissent un troisième tri, sont issus uniquement de la première floraison et sont sélectionnés sur l'arôme et non sur le taux de sucre. Ils ne représentent que 10% de la production saisonnière. Une seconde chaîne conditionne les melons de second choix, destinés au marché local car mûrs à point. Les melons bios sont également conditionnés à part.

Dix minutes seulement sont nécessaires pour trier et contionner les melons, une heure pour les premium. Les melons ne doivent pas tarder et sont ensuite expédiés vers les différentes centrales d'achat.

Au final, entre les melons "Goût du bio", les labels rouges, les "Goûts du sud", les colis de 4 melon spécial porto, les marques des distributeurs coeurs de gamme et premium..., ce sont des dizaines de cagettes différentes qui sortent de la station entre mai et septembre.

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vendredi 21 juillet 2017

Le melon de nos régions, il a tout bon !

Le melon tient, dans notre pays, une place particulière quand vient l'été. Saviez-vous que les Français sont les seuls ou presque (avec les Belges et les Suisses) à consommer du melon Charentais ? Du coup, la France est le 1er pays européen producteur de melon de type Charentais et se classe au 3e rang après l’Espagne et l’Italie, tous types de melons confondus.

melon_2017_┬® Getty Images
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Des melons & des types

Car, que je vous dise, il existe 17 types de melon dans le monde et, pour chaque, différentes variétés. Les types les plus courants sont :

  • Le Brodé américain (Western shipper) : plutôt rond et entièrement recouvert d’une broderie très serrée sur toute la surface du fruit ; aucun sillon apparent ; chair plutôt orangée.
  • Les Brodés italiens (jaunes ou verts) (Yellow eastern shipper et Green eastern shipper) : de forme ovoïde, bien marquée au niveau des cotes avec une écriture non serrée laissant apparaître la couleur de l’écorce (vert ou jaune selon le cas) ; chair toujours orangée.
  • Le Canari  : de forme allongée a une forme très caractéristique qu’accompagne une coloration jaune vif prononcée – très peu ou pas du tout côtelé, ce fruit présente une chair de couleur blanche.
  • Le Galia : de forme toujours ronde avec une robe plutôt jaune que recouvre une broderie fine laissant apparaître la couleur de l’épiderme.
  • Le Piel del Sapo : de forme ovale et souvent de très gros calibre ; d’une couleur d’épiderme plutôt vert foncé, sa chair est toujours blanche.
  • Le Charentais  vert : de forme ronde, avec une écorce vert clair peu épaisse et des stries vertes plus ou moins marquées, qui peut être lisse ou recouverte de fines formations en relief (on dit alors qu’elle est "brodée" ou "écrite") ; chair croquante et sucrée.
  • Le Charentais jaune : de forme ronde, avec une écorce jaune à maturité, peu épaisse et des stries vertes plus ou moins marquées, lisse ou "brodée" selon les variétés ; chair orange, très parfulée, sucrée et juteuse.

Le Charentais jaune n'est produit que par les Français, dans l'Hexagone, en Guadeloupe et en Martinique, le Charentais vert plutôt en Espagne et au Maroc, et toujours par/pour les Français. Leur nom, certes trompeur, ne désigne donc pas une origine géographique mais seulement un type variétal. Inutile de dire, comme je l'entends bon nombre de fois qu' "on nous prend pour des imbéciles en nous vendant du melon charentais qui vient du Maroc" !!!

®Philippe Dufour-Interfel
®Philippe Dufour-Interfel

La production en France

Sur notre territoire, la curcubitacée est produite dans le Sud-Est (PACA, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes), le Sud-Ouest (Aquitaine, Midi-Pyrénées) et le Centre-Ouest (Poitou-Charentes, Centre, Pays de la Loire). Plus de 13900 ha ont été plantés cette année sur ces trois bassins : 5700 Dans le SE, dont 3900 sous chenilles et sous bâches, 4500 ha dans le Centre-Ouest, dont 2300 en plein champs, et 3500 dans le SE dont 1900 en plein champs. Sur les 13900 ha, un peu plus de 1400 ha est destiné à la culture sous serre.

Ces différents modes de production permettent d’étaler les récoltes du mois de mai pour les plus précoces (bassin Sud-Est) au mois d’octobre pour les plus tardifs (bassin Centre-Ouest). En 2016, la production s’est élevée à 242000 tonnes. Cette année, vues les conditions météo, elle devrait être encore plus importe mais connaît un démarrage très fructueux et pas forcément bénéfique pour les producteurs, obligés de vendre à perte puisque l'offre est plus importante que la demande.

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Origine & qualité

Il existe quelques signes de reconnaissance pour le melon Charentais français. Selon la zone de production, le melon peut être reconnu par l'IGP Melon du Quercy, l'IGP Melon du Haut-Poitou et l'IGP Melon de Guadeloupe. Le melon de Cavaillon, sans doute le plus reconnu par les consommateurs, ne possède aucun label mais une IGP est en cours d'obtention. Un Label rouge ( le seul pour le melon) est par ailleurs décerné pour leurs qualités organoleptiques aux melons produits par Force Sud, une organisation de 5 familles de producteurs installées autour de Béziers.

Cicatrice pédonculaire ®Interfel
craquelure pédonculaire ®Interfel

Bien choisir son melon

On peut aimer le melon plus ou moins croquant ou fondant, plus ou moins sucré. Tout dépend de ses goûts et de la consommation que l'on va en faire : en entrée, au dessert, cru ou cuit. Pour autant, choisir un melon bien mûr, gage de parfums, n'est pas évident. Tout le monde a son petit truc. On entend parfois que le melon doit avoir 10 tranches, sinon ce n'est pas un bon melon, qu'il vaut mieux choisir un melon femelle que mâle... Oubliez ces sornettes ! Le premier des critères est un indice visuel : à pleine maturité, le pédoncule du melon se fissure, voire tombe, sur la majorité des variétés (malheureusement pas sur toutes, cela serait trop simple !). Cette craquelure en forme d’étoile plus ou moins marquée est donc le gage d'un melon bien mûr. Le second critère est le poids. Il suffit de prendre un melon dans chaque main et de soupeser. Le plus lourd est le plus mûr. Autres indices de qualité : l'écorce qui, au toucher, doit être ferme mais souple. Certaines variétés de melons charentais exhale aussi une bonne odeur sucrée. Un autre signe de ne pas être déçu.

Enfin, il faut savoir que le melon Charentais jaune, comme la pomme ou la banane, a la particularité de dégager de l’éthylène, qui entraîne une maturation naturelle, même après récolte. Il a donc une durée de conservation limitée et mieux vaut donc le consommer rapidement après achat, et l'entreporser en attendant au frais ou au réfrigérateur, à condition de le sortir une heure avant pour profiter au maximum de ses saveurs.

®Caroline Chadal-Interfel (2)

La semaine prochaine, je vous emmène à Mèze, dans une melonnière bio...

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vendredi 7 juillet 2017

Pique-nique : la recette du succès

Improvisé, le pique-nique peut se réduire au passage à la supérette. Baguette, jambon, salade toute prête, chips, fruits, eau… peuvent tout à fait convenir à un repas à l’extérieur. Prévu quelques jours à l’avance, il peut être aussi l’occasion de préparer de bons petits plats maison pour un déjeuner sur l’herbe sain et gourmand.

Sur l’herbe, certes, mais avec un minimum de classe et de confort. On prévoit une jolie nappe, suffisamment grande pour que tout le monde puisse s’asseoir à son aise. A défaut, un drap en lin ou un boutis. On y dispose des coussins et des plaids, qui seront les bienvenus lorsque la soirée se rafraîchira. On pense aux chapeaux et aux voiles d’ombrage, comme aux photophores et aux lucioles munies de leds qu’on allumera à la nuit tombante.

1. Les rois du pique-nique

Que serait un pique nique sans une salade, une tarte ou un cake ?

A base de féculents, de légumes et de protéines, une salade complète est idéale. Selon les hôtes et l’activité prévue, elle se veut rassasiante (piémontaise, salade de riz, taboulé…), légère et rafraîchissante (salade de légumes et thon), gourmande (salade de linguine, artichauts et tomates confites ou bien jeunes pousses, canard, chèvre et framboises) voire raffinée (lentilles, fèves ou haricots, foie gras et magret de canard séché).

Les sandwiches ont toujours la cote, que ce soit l’éternelle jambon-beurre ou des wraps originaux. Plus chics, les sandwiches à base de pata negra, saumon fumé, rillettes de poisson maison, roquette, tomates confites, graines germées, fromage de chèvre, lamelles de comté... sont aussi beaux qu’appétissants. Inutile de les préparer à l’avance : sortez le pot de rillettes, la baguette, la conserve de thon, les crudités que vous aurez découpés et apportés dans des boites séparées… Chacun se débrouille. Succès garanti auprès des enfants.

mini cannelés chorizo comté (7)

Les cakes salés plaisent aux petits comme aux grands. Déclinables à l’envi, ils se mangent et s’emportent facilement. On peut même les prédécouper avant de partir. Délicieuses froides, les tartes salées (quiche lorraine, tarte aux légumes) nécessitent en revanche un plat spécial pour les transporter. Mais rien d’impossible ! Le pique-nique peut aussi se faire très chic, avec des petits plats cuisinés et servis dans de la vaisselle en porcelaine.

2012 09 14 - pique-nique chic au pied des vignes

2. Une farandole de desserts

En pique-nique, pensez aux gâteaux de voyage conçus pour se conserver 3 jours : gâteau au yaourt, cakes sucrés, muffins sont faciles à transporter. Les tartes se déclinent en petit format pour leur praticité. Une charlotte ou un tiramisu peuvent être préparés en portion individuelle. Pensez aussi aux laitages et aux fruits. Une salade est très appréciée. Les fruits frais font de rafraîchissants en-cas dans l’après-midi. Pour ne pas les écraser, pensez à les mettre dans une boîte rigide.

bouchons ricotta - mirabelles (3)

3. Rafraichissements indispensables

N’oubliez pas d’apporter beaucoup d’eau pour vous hydrater toute la journée.

Pensez aussi à des soupes froides, des jus de fruits, des smoothies, des thés glacés… pour égayer le pique-nique. Un apéritif peut tout à fait être envisageable, pourvu qu’il soit léger, car soleil et alcool ne font pas bon ménage. Une bouteille de rosé ou de cidre apporte de la convivialité. Accompagnez-les d’olives, de tomates cerises, de chips, de tartinables en tout genre. Et rien de tel que quelques bulles de Champagne pour rendre la journée pétillante.

Une boisson chaude (café, thé) peut être appréciée en fin de repas ou dans l’après-midi. Conservez-la dans un thermos. Et n'oubliez pas le sucre pour les amateurs.

4. L’équipement de base

La charcuterie, la viande, le poisson et les produits laitiers, et dans une moindre mesure les boissons, doivent être tenus au frais. Une glacière ou un sac isotherme sont indispensables, dans lesquels vous glissez des accumulateurs de froid ou des petites bouteilles d’eau congelée. Préservez vos préparations dans des boites plastiques rigides pour ne pas vous retrouver avec un cake en miettes ou des tomates en bouillie au fond du sac. Prévoyez aussi un sac avec un plaid ou une nappe, des assiettes et serviettes en papier, des gobelets et couverts en plastique (petites cuillers et fourchettes). N’oubliez pas le couteau suisse ou l’Opinel, le décapsuleur, le tire-bouchon, l’ouvre-boite selon vos victuailles. Pensez au sac poubelle pour les déchets.

5. Côté organisation

La veille, préparez les desserts, les tartes et cakes salés, les sauces et les salades (sans assaisonnement). Faites cuire les viandes, que vous tranchez le matin même. Achetez le pain à la dernière minute.

6. Quantités à prévoir

En pique-nique, on a souvent tendance à manger moins qu’à table. Mais on apprécie de picorer un peu de tout. Inutile donc de préparer chaque plat pour le nombre exact de convives. Prévoyez 3 ou 4 plats salés différents et 2 ou 3 desserts, pour satisfaire tous les goûts.

Pour un pique-nique pour 12, par exemple : 8/10 tranches de jambon, un pot de rillettes, une botte de radis, quelques tomates cerise, une salade de pâtes pour 8 et un cake (ou une tarte) salée. Ajoutez à cela, un camembert et un morceau de comté, une tarte aux pommes, un gâteau au chocolat et une salade de fruits. Prévoyez également au moins ½ litre d’eau par personne.

Posté par magkp à 07:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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