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Recettes familiales et gastronomiques, balades gourmandes, lectures culinaires, art de la table : Mag'cuisine, c'est de la cuisine, rien que de la cuisine.

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(Re)découvrez l'ensemble des recettes par le biais de l'index, en fonction de leur catégorie (dans le menu horizontal ci-dessus), du moteur de recherche (colonne de gauche) ou encore à partir d'un ingrédient, en cliquant sur le nuage de tags (colonne de gauche).

A la fin de chaque billet, un bouton 'imprimer" vous permet de conserver une trace papier des recettes.

Dans la colonne de droite, j'ai également sélectionné quelques sites pour leur intérêt culinaire ou autre. J'espère que, tout comme moi, vous les apprécierez.

Bien sûr, n'hésitez pas à me laisser vos commentaires (à la fin de chaque billet) ou à me contacter par e-mail (cliquez sur la photo).

Bonne lecture !

Ecrit par magkp à 10:03 - Lire ou ajouter son grain de sel [0] - Permalien [#]


lundi 20 octobre 2014

De la simplicité du vinaigre de cidre maison

Il y a quelques mois, j'ai reçu un email de la Vinaigrerie du Clos-Saint-Antoine m'invitant à essayer un produit tout nouveau et unique sur le marché : un vinaigrier révolutionnaire pour que faire son propre vinaigre devienne un jeu d'enfants. Forcément, cela m'a interpellé. Un appareil sans bouchon qui fuit ou qui se bouche, un kit de démarrage pour réaliser plus rapidement une mère de vinaigre : pour toutes celles et tous ceux qui se sont essayés à l'exercice, ça parle.

Et c'est ainsi que David DOCZEKALSKI, artisan vinaigrier-moutardier à Callas dans le Var m'a envoyé son Concept-vinaigrier Keep up, et que je me suis lancée dans le vinaigre maison.

Bien sûr, j'aurais pu réaliser du vinaigre de vin, le vinaigre de démarrage fourni provenant du vin. Ou encore du vinaigre de vin blanc, de vin muté ou de toute autre boisson alcoolisée puisque tous les alcools peuvent tourner en vinaigre. D'ailleurs, savez-vous pourquoi ? Tout simplement parce qu'en présense d'air, des bactéries de l'espèce Acetobacter se forment en surface de la boisson et transforme l'alcool contenue dedans en acide acétique. Le vin devient aigre, d'où le nom "vin-aigre". Le vinaigre ne contient donc pas d'alcool contrairement à ce qu'on entend parfois. Le pourcentage indiqué sur les bouteilles ne correspond pas au taux d'alcool mais à celui de l'acide acétique.

Refermons la parenthèse et revenons-en à ma production de vinaigre ! Comme j'ai des bouteilles de cidre fermier en abondance dans la cave et que c'est un vinaigre que j'apprécie et utilise beaucoup, j'ai préféré sacrifier une bouteille de ce doux breuvage normand ! En plus, le cidre se tuant assez rapidement, nous n'arrivions généralement pas à boire une bouteille entière à temps et les fonds étaient donc régulièrement perdus, contrairement au vin. Avec le vinaigrier, au bout d'un mois, nous allions enfin ne plus jeter les fonds de bouteille de cidre mais les ajouter dans le vinaigre ! Autre avantage de ce vinaigrier, c'est qu'il ne fait que 2,5l et ne nécessite donc pas de grande quantité de cidre comme c'est le cas des vinaigriers classiques, qui font au minimum 5l.

Vinaigre de cidre maison

1. La réalisation du vinaigre : très simple.

Remplir le pot de gré d'une bouteille de cidre dégazé ou d'un mélange de vin (bio de préférence) et d'eau.

Ajouter le vinaigre de démarrage fourni avec le Keep-up, mélanger.

Introduire la pipette, également en gré, qui permettra par la suite d'ajouter du cidre (ou du vin) ou de soutirer le vinaigre.

Fermer le tout avec le bouchon en bois et laisser reposer ce mélange sans le déplacer pendant 4 semaines.

Le bouchon n'est pas complètement hermétqiue afin de laisser passer de l'air pour la transformation de l'alcool en acide acétique.

Pour plus d'infos, cliquez sur le lien de cette vidéo explicative.

 

Le vinaigre est normalement prêt entre 3 et 5 semaines, mais il est d'une qualité optimale après 2 ou 3 remplissages de fonds de bouteille.

 

2. Le remplissage : à faire au moins 1 fois tous les 2 mois

Laisser la pipette dans son logement, retirer le bouchon.

Vider un fond de bouteille de vin (en respectant le mélange 2/3 vin + 1/3 eau) ou du cidre (pur et décanté) à l’intérieur.

Relever délicatement la pipette pour qu'elle se vide dans le vinaigrier.

Reboucher la pipette et la replacer dans son logement.

 

3. L'entretien : à faire 1 fois par mois pour obtenir un vinaigre de meilleure qualité et plus limpide

Au fil du temps, la mère de vinaigre (ou mycoderma) peut devenir trop importante. Au-delà de 5 mm d'épaisseur, il faut l'enlever.

Ouvrir le pot. Attraper toute la mère à l'aide de l'encoche de la spatule en bois également fournie.

Tourner pour l'enrouler autour de la spatule.

Bien l'égoutter au dessus du pot et la retirer.

Refermer.

 

4. Le soutirage :

Pipette dans son logement, retirer le bouchon.

Laisser la pipette se remplir par le trou inférieur.

Une fois remplie, la saisir des deux mains en appuyant fermement sur le bouchon avec les deux pouces, l’étanchéité du bouchon ainsi obtenue ne permet plus au vinaigre de s’écouler.

En maintenant cette pression, retirer la pipette de son logement pour la positionner au-dessus du goulot d’une bouteille de service.

Relâcher la pression des pouces pour remplir la bouteille, la perte d’étanchéité permet l’écoulement du vinaigre.

Après usage, replacer la pipette dans son logement pour éviter la formation du mycoderma à l’intérieur.

Si, malgré ces précautions, le mycoderma se formait à l’intérieur de la pipette, le retirer.

2014 08 31 - démarrage du vinaigre de cidre (2)

J'ai "lancé ma production" le dernier week-end d'août et j'ai commencé à m'en servir 6 semaines plus tard. Une belle odeur de pomme, une jolie couleur ambrée, une limpidité... pas très acide pour cette première dégustation (mais les vinaigres artisanaux sont-ils aussi acides que les vinaigres pasteurisés industriels ?), mais j'étais quand même contente du résultat.

Un belle invention pour les amateurs de produits maison et une idée cadeau original pour Noël...

Vinaigrier Keep-up, en vente sur le site du Clos Saint-Antoine.

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lundi 13 octobre 2014

Vite fait, bien fait

Hier, comme quasiment tous les dimanches après-midi, la maison était une fois encore le lieu de rassemblement des copains des enfants. Les garçons devant l'ordinateur familial en train de s'abrutir de jeux vidéo, les filles enfermées dans la chambre avec interdiction de les déranger car vraisemblablement en train de surfer sur les chaines YouTube et blogs divers à la recherche de la tenue et du maquillage fashion. Qu'il est loin le temps où ils préféraient aller jouer dans le jardin à observer les fourmis !

Et moi, pendant ce temps - là ? En cuisine, forcément, pour leur préparer en 2 temps, 3 mouvements, un brownies arrangé (faute de noix de pécan) avec une farine artisanale de noix rapportée des vacances en Alsace, une autre de blé moulue à la pierre et du chocolat au grué. Un délice !

Gâteau choconoix (1)Très grande

Gâteau choconoix et grués de cacao

- 125 g de chocolat pâtissier noir aux grués Lindt

- 125 g de chocolat pâtissier au lait Nestlé

- 150 g de beurre demi-sel

- 4 oeufs

- 150g de sucre en poudre

- 40 g de farine de blé T 110

- 40 g de farine de noix

Casser le chocolat en morceaux et le faire fondre avec le beurre 1 mn au four à micro-ondes.

Dans une jatte, battre les oeufs et le sucre jusqu'à blanchiment.

Ajouter les farines puis le chocolat.

Bien mélanger.

Verser dans un moule graissé.

Faire cuire à four chaud à 180 ° pendant 20 mn.

Démouler et laisser refroidir sur une volette.

Ecrit par magkp à 08:20 - - Lire ou ajouter son grain de sel [0] - Permalien [#]
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lundi 6 octobre 2014

Un déjeuner thaïe, ça vous dit ?

Il y a plus d'un an et demi, j'ai participé à un atelier de cuisine thaïlandaise au Silk & Spice (que je vous recommande, que ce soit pour le restaurant comme pour l'atelier anim par une adorable femme) organisé par la marque Emile Henry à l'occasion de la sortie de leur coffret "Secrets d'Emile" avec la cocotte Thaïe en céramique. Ne me demandez surtout pas pourquoi je n'en avais jamais encore parlé ! Je n'en sais rien d'autant que j'avais adoré ce moment, une vraie découverte pour ma part.

La cuisine thaïe comporte beaucoup de plats mijotés et très peu de fritures, plutôt réservées à la Chine. Elle fait donc souvent appel à la cuisson dans l'argile, la cocotte y est présente depuis le XIIIème siècle. Celle présentée par Emile henry est évasée comme un wok et convient donc pour les plats sautés comme mijotés. Les légumes sont dégustés volontiers croquants, les aliments coupés très fins, ce qui réduit le temps de cuisson. Les condiments apportent énormément de saveurs et de force aux plats. En Européenne, mieux vaut avoir la main légère. Heureusement, le riz blanc qui accompagne le plat et le gluant (plutôt consommé dans le nord du pays) qui constitue le dessert calment le feu en bouche.

Le curry thaïe, contrairement à l'indien, s'élabore uniquement avec des produits frais. Il existe 5 types de pâte de curry dans la cuisine thaïe : la rouge (la plus forte), la verte, la jaune (à base de curcuma), le massaman et le panaeng. Toutes s'achètent toutes prêtes mais peuvent être préparées à la maison à condition d'être bien achalandé. D'ailleurs, les ingrédients utilisés pour le reste du plat peuvent aussi être difficiles à trouver. C'est pourquoi je vous indique dans la recette les produits de remplacement.

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Poulet au curry vert / Kaeng Kiew Wan Kai

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pour 2 pers. :

- 240 g de blanc de poulet

- 2 cs d'huile de tournesol ou d'arachide

- 300 g de lait de coco (plus fluide que la crème)

- 4 cl de sauce de poisson Nam pla (plus connue sous son nom vietnamien Nuoc Mam)

- 10 g de sucre

- 4 aubergines thaï (ce sont des aubergines rondes qui peuvent être remplacées par des aubergines européennes dont la chair est plus tendre)

 

Photo0009- 2 haricots longs thaï (là aussi peuvent être remplacés par des haricots verts si possible, haricots "kilomètre")

- 5g de basilic thaï doux ( a une saveur anisée, peut être remplacé par de l'anis, de la coriandre ou de l'estragon)

- 1 piment rouge doux de préférence, oiseau si vous supportez

 

 

 

 

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Pour la pâte de curry vert  (1 pot) :

- 100g de piment vert

- 3g de galanga (épice fraiche vendue dans les épiceries asiatiques, peut être remplacé par du gigembre bien que son goût soit plus poivré)

- 1 bâton de citronnelle

- 20g d'échalote (thaïes ou françaises)

- 20g de gousse d'ail

- 1/4 de cuillérée à café de pâte de crevette (en épicerie asiatique)

- 3g de zeste de bergamote

Commencer par la pâte de curry.

Couper tous les ingrédients finement, ajouter la pâte de crevette et le zeste de bergamote puis mixer le tout avec un peu d'eau jusqu'à obtenir une texture homogène.

Détailler le poulet en fines lamelles.

Couper les aubergines en 6, les haricots en 4.

Faire chauffer l'huile dans la cocotte thaïe et y faire revenir 1 à 2 cuillérées à soupe de pâte de curry (selon les goûts).

Verser un peu de lait de coco et porter à ébullition.

Ajouter le poulet puis le reste de lait de coco et laisser mijoter à couvert 10 mn environ.

Ajouter les légumes, la sauce de poisson et le sucre. Mélanger et poursuivre la cuisson 10 mn toujours à couvert. En Thaïlande, les légumes se mangent un peu croquants. Poursuivre plus longtemps pour des légumes plus fondants.

Ajouter le basilic puis retirer du feu et servir avec du riz parfumé thaï.

La pâte de curry se conserve en bocal 3 semaines au frais.

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Riz gluant au lait de coco et mangue fraiche (Khao Niao Mamuang)

pour 2 pers.

- 60g de riz gluant (à ne pas confondre avec le riz parfumé thaï)

- 75 ml de lait de coco

- 30g de sucre

- 1/2 pincée de sel

- 1 mangue mûre

Laisser tremper le riz gluant dans de l'eau tiède pendant 1 heure. L'égoutter et le rincer.

Faire cuire le riz dans un panier bambou au-dessus d'une casserole d'eau (ou panier vapeur) env. 20 mn. Il est prêt quand il prend la forme du panier.

Faire chauffer le lait de coco. Ajouter le sucre et le sel en remuant jusqu'à ce qu'ils soient fondus.

Dans une jatte, mélanger le riz et le lait de coco sucré.

Laisser reposer 10 mn pour que le riz s'imprègne du lait.

Couper la mangue et accompagner de riz.

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lundi 29 septembre 2014

En quête de champignons au coeur de la forêt d'Andaine

Vous avez envie de vivre un week-end dépaysant en pleine nature ? Vous souhaiteriez en connaître davantage sur les champignons ? Vous appréciez la gastronomie ? Que ce soit pou l'une des raisons, ou les trois, c'est le moment de vous évader au Manoir du Lys à Bagnoles de l'Orne pour un moment très "champignons".

Le Manoir du Lys est une institution dans cette petite station thermale ornaise située au coeur de la forêt d'Andaine et, plus encore, dans toute la Basse-Normandie. Une affaire de famille aujourd'hui tenu par Franck Quinton, le chef, son épouse, sa soeur et son beau-frère Yvon Lebailly, chef sommelier. Un restaurant gastronomique reconnu dans la région et étoilé (2 macarons) depuis 15 ans par le célèbre guide rouge et un hôtel 4 étoiles Relais du Silence qui porte bien son nom.

Ancien relais de chasse, l'hôtel-restaurant est niché dans un splendide parc de 3 hectares. Le bâtiment historique agrandi et restauré au fil des années accueille les sallles de restauration et de détente (bar, salle de billard, piscine...) et 23 chambres personnalisées récemment rénovées. Un pavillon annexe à l'architecture plus moderne et ponctué de bois offre 7 suites familiales avec terrasse et parking privatifs, et une vue imprenable sur la forêt et le gibier déambulant tranquillement au petit matin. L'idéal pour profiter d'un week-end instructif et ressourçant avec les enfants. Ma fille a adoré et a été très bien accueillie, y compris au restaurant, malgré ses réticences sur quelques plats proposés. Un détail pour certains, une importance capitale quand on est parent.

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l'entrée du restaurant

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l'annexe

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la suite

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avec sa terrasse privative

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Tout commence le vendredi soir, le samedi matin ou le dimanche, selon la formule choisie. Marché en compagnie du chef, cours de cuisine et leçon d'accords mets/vins, cueillette accompagnée d'un mycologue, discussion autour de la récolte, déjeuners et dîners plus somptueux les uns que les autres ponctuent ce week-end.

Promenons-nous dans les bois...

Le soleil était de la partie pour nous ce week-end là. Quelle chance ! La forêt était splendide, les couleurs chatoyantes. Un vrai plaisir des yeux ! Armés de nos couteaux et de nos paniers, nous déambulions, tête baissée mais avec vigilance pour ne rien écraser, dans les sous-bois recouverts de champignons. Extraordinaire...

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L'avantage d'une cueillette avec un expert, c'est qu'on peut oublier tout ce que l'on nous a dit depuis notre plus tendre enfance au sujet des champignons. Non, il est inutile de passer chez un pharmacien pour faire valider sa cueillette car, généralement, il n'y connaît rien ! Mieux vaut faire appel à un mycologue. Non, les champignons à anneau mobile ne sont pas les seuls comestibles (ou inversement, selon son pharmacien) car l'anneau protège l'appareil reproducteur et c'est tout ! Ainsi une coulemmelle est comestible, une amanite phalloïde, non ! Oui, on peut éplucher les champignons dont on est sûr (que l'on reconnait sans aucun doute) sur place pour favoriser leur reproduction l'année suivante. Non, on ne porte pas les mains à la bouche lors de la cueillette tant qu'on ne se les est pas lavés car beaucoup de champignons sont de faux-amis...

Durant notre balade, nous avons "fait la connaissance" de plusieurs espèces de champignons :

- la russule, très répandue dans les bois et forêts, qui comptent des centaines d'espèces mais dont peu sont bonnes, la plupart immangeables, quelques-unes étant toxiques,

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- la chanterelle à tube creux,

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- et dans la même famille, la girolle,

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- le bolet à pied rouge (erythropus), surnommé "la récompense du mycologue", reconnaissable à son chapeau et son pied rouge et à sa chair bleuissante au contact et à la coupe, qui est délicieux mais doit se consommer cuit au moins 15 mn pour éviter toute toxicité,

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à ne pas confondre avec le bolet à beau pied qui est immangeable,

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Les bolets sont sans doute les plus connus, reconnaissables avec leur chapeau bien rond. Dans cette famille, seules 5 espèces ont droit à l'appellation "cèpes" dont le pinocola qui pousse sous les pins et se distingue par un chapeau marron et l'edulis, plus connu sous le nom de "cèpe de Bordeaux", que l'on trouve aussi bien sous les chênes (saveur plus douce) que les sapins ( saveur légèrement plus acide).

- l'amanite rougissante ou vineuse ou encore golmotte, une très bonne variété après cuisson, qui se distingue par un chapeau parsemé de verrues,

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- le sparassis, qui ressemble à un corail et pousse sous les grands pins

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- le cortinaire violet, une espèce protégée, qui se déguste jeune lorsque le chapeau est encore rond mais possède une odeur très forte,

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- le laccaire améthyste, complètement de couleur proupre,

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- le coprin chevelu, qui se désagrège en quelque heures et ne doit pas être consommé avec du vin sous peine de crispations faciales,

Au retour de la cueillette, chacun avait son panier bien garni. Un chouette souvenir à rapporter à la maison !

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Aux fourneaux

En une heure de cours, Franck Quinton nous inonde d'informations gourmandes et pratiques sur la cuisine du champignon.

"Ainsi, saviez-vous que les champignons ne se lavent pas mais se nettoient avec une brosse humide, excepté pour les morilles, les trompettes de la mort, les sparasis ou les pieds de mouton qui sont suffisammet fermes. C'est qu'à l'état naturel, les champignons sont propres et ce n'est que dans le panier, lors de la cueillette, qu'ils se salissent entre eux (voire qu'ils s'intoxiquent). Il suffit ensuite de les éponger avec un torchon ou dans une essoreuse à salade.

Pour les conserver, les champignons doivent être stockés, dans le frigo, à l'air libre et non enfermés dans une boite, idéalement dans les 36 à 48 heures, pas plus, car ils ont tendance à capter les bonnes comme les mauvaises odeurs et à se ternir assez rapidement. Mieux vaut cueillir la quantité nécessaire au nombre de convives que de rapporter des paniers pleins qui finissent à la poubelle. Ou plutôt sur le gazon, histoire d'en retrouver les années suivantes si la terre est propice.

Selon Franck Quinton, les 3 mots d'ordre pour les cuisiner, c'est la SIMPLICITE du plat, la RAPIDITE de cuisson (dont le temps est variable en fonction de la quantité d'eau dans les champignons) et l'INSTANTANEITE de la dégustation.

Un principe applicale par exemple, aux cèpes. Le meilleur étant le chapeau, plus parfumé que le pied, l'idéal est de couper le champignon dans sa longueur pour que tous les convives profitent de son parfum. Et comme on sait aujourd'hui que, consommé cru, le cèpe est toxique en grande quantité, un passage sous une salamandre ou un grill quelques minutes suffit à pallier ce problème.

Le sparassis, quant à lui, est difficile à laver correctement. En le coupant en brunoise, on évite ce désagrement et on raccourcit le temps de cuisson : à la poêle, 10 mn suffisent.

Si les trompettes de la mort ne nécessitent aucune taille, les pieds de mouton, quant à eux, doivent être coupés en conservant leur forme initiale. Pour limiter l'amertume, ils doivent être cuits à la poêle, sans être saisis mais en démarrant à froid. Les échalotes ciselées, le laurier et les herbes sont ajoutés ensuite dans l'eau de végétation.

Quand à l'assaisonnement, pour les pieds de mouton comme les autres champignons, il se fait en fin de cuisson. En effet, les champignons réduisant en cours de cuisson, ils seraient trop salés. Contrairement à ce qu'on entend parfois, le sel n'a aucune incidence sur la quantité d'eau de végétation. Quant au poivre, il est inutile.

Enfin, si les champignons frais sont inévitables dans une omelette, mieux vaut privilégier des spécimens séchés pour réaliser un risotto ou du pain. Et cuire des pâtes ou des pommes de terre dans l'eau de réhydratation n'a pas son pareil pour apporter le parfum des champignons aux féculents."

Installés dans les cuisines du restaurant, alors que la brigade s'active pour préparer le déjeuner, nous nous délectons devant les plats qu'enchainent le chef : cèpes à l'huile d'olive, sparassis à la crème, pieds de mouton poêlés aux herbes, trompettes de la mort aux filaments de jambon ibérique et huile de noisette... Les gestes sont rapides et précis, le débit de paroles est impressionant et le résultat est au rendez-vous : l'assiette de champignons est simple, goûteuse, délicieuse. La nature est là telle qu'on l'apprécie.

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cèpes à l'huile d'olive juste passés sous la salamandre

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sparassis à la crème de Normandie

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pieds de mouton et échalote émincée

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assiette des 4 champignons

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Franck Quinton, chef étoilé

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Yvon Lebailly, chef sommelier

Quand la Normandie passe à table...

... nos papilles sont émoustillées. Il faut goûter, entre autres, le colvert en brochette, toute juste saisi, accompagné de mâche et de girolles, le velouté de cèpe rehaussé d'un subtil espuma de jambin ibérique, le cabillaud au lait de coco, Coco de Paimpol et trompettes de la mort dont la verveine citronnée relève le tout avec fraicheur et délicatesse, le quasi de veau au millefeuille de polenta et de pied de veau et sa tartine d'huître de Normandie, le macaron dont la crème aux champignons des bois et le sorbet aux trompettes sont simplement mortels !, le p'tit beurre aux pommes confites et sauce caramel au beurre salé qui nous fait immédiatement retomber en enfance (normande, ça va de soi)...

2013 10 26 27 - Manoir du Lys (116)
Cèpe en velouté, espuma de jambon ibérique

2013 10 26 27 - Manoir du Lys (49)
Colvert en salade de mâche et girolles,
sauce butternut/poivre de Sichuan/fruits d'automne

2013 10 26 27 - Manoir du Lys (53)
Cabillaud de côte en velouté de Coco de Paimpol au lait de coco et trompettes,
infusion et huile de verveine citronnée

2013 10 26 27 - Manoir du Lys (119)
Echine de cochon piquée aux champignons et cromesqui de rizotto

2013 10 26 27 - Manoir du Lys (56)
P'tit Beurre, pommes confites / manzana / caramel au beurre salé au poivre de Sichuan

2013 10 26 27 - Manoir du Lys (107)
Macaron, crème tendre et champignons des bois, sorbet trompettes

Dans cette salle de restaurant, décorée avec goût, mêlant meubles régionaux et objets d'art contemporain, le charme opère. Au fil des repas, ponctués de poésie et de délicatesse, on se laisse transporter par le talent du maître des lieux. On va de surprise en surprise. Rien ne se ressemble, chaque plat porte sa propre signature. C'est divin !

Je ne saurai trop vous recommander cette adresse merveilleuse. Merci à Mmes et MM. Quinton et Lebailly pour leur accueil exceptionnel et le week-end inoubliable qu'ils nous ont fait vivre. Merci à Pauline qui nous a permis d'y accéder.

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Le Manoir du Lys - Route de Juvigny - La Croix Gautier - 61140 Bagnoles-de-l'Orne

Tél. 02 33 37 80 69

Les wek-ends champignons se déroulent tous les week-ends du 26 septembre au 2 novembre 2014, selon 4 formules de 90€ à 420€.

www.manoir-du-lys.fr

Ecrit par magkp à 08:47 - - Lire ou ajouter son grain de sel [0] - Permalien [#]



lundi 22 septembre 2014

Et une terrine de faisan, une !

La saison de la chasse a repris et, avec elle, le plaisir de cuisiner et déguster de délicieuses terrines de gibier. En voici une délicate et raffinée.

 

Terrine de faisan

- 500g de faisan désossé avec foie, gésier et filets entiers

- 500g de gorge de porc

- 500g de poitrine de porc fraiche

- 50g d'oignon

- 1 quignon de pain sec

- pistaches émondées

- noisettes concassées

- canneberges séchées

- des herbes de provence (thym, laurier, persil)

- 1/2 sachet de gelée en poudre au madère

- 25g de sel fin

- 4g de poivre moulu

- beurre

- crépine

Désosser entièrement le faisan en réservant les filets, le gésier et le foie entiers.

Faire revenir l'oignon émincé très finement, le gésier et le foie en dés dans une poêle avec un peu de beurre.

Détailler les filets en lanières.

Couper le reste du faisan en morceaux, ainsi que le porc.

Hacher ces viandes. Finir par le quignon de pain pour netyoyer le hachoir.

Ajouter dans le saladier de viande hachée,  les herbes de Provence, la gelée, le sel, le poivre, les oignons, le gésier et le foie, des pistaches, des noisettes concassées et des canneberges séchées.

Mélanger avec les mains.

Prélever une boulette de hachis et faire cuire dans une poêle pour vérifer l'assaisonnement. Rectifier si nécessaire.

Remplir la terrine (ou les bocaux) à moitié de hachis.

Déposer une ou deux lanières de filet. Recouvrir de hachis jusqu'au bord de la terrine.

Recouvrir d'un morceau de crépine, préalablement lavée et essorée. Poser le couvercle ou fermer les bocaux.

Réserver au frais 12h.

Faire cuire :

1. la terrine posée dans un plat (car la graisse et la gélatine ont tendance à déborder dans le four) dans un four préchauffé à 130° pendant 1h30 environ.

Oter le couvercle les dix dernières minutes pour colorer la surface.

2. ou bien les bocaux avec caoutchouc Le Parfait dans l'autocuiseur, calés avec des torchons, et de l'eau jusqu'aux 2/3 des bocaux pendant 1h à partir du sifflement, à feu modéré.

Laisser refroidir hors du four / dans la cocotte sans l'ouvrir.

Essuyer la terrine des coulures. Sortir les bocaux refroidis.

Laisser maturer au réfrigérateur pendant au moins 48h avant de déguster.

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lundi 15 septembre 2014

Quand le Maroilles inspire un chef ch'ti...

Il y a tout juste 2 mois, je vous parlais de notre déjeuner à l'Auberge du vert Mont chez Florent Ladeyn. Un plat nous avait emballés : la crème de Maroilles au cendre d'oignons servie avec des frites. Vous vous souvenez ?

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (20) - plateau de fromage - frites crème de maroilles et cendre d'oignon

Aujourd'hui, je vous propose une recette à peu près semblable, toujours de ce chef génial, créée pour le Maroilles Fauquet. La différence réside dans la texture : la crème est ici émulsionnée au siphon et Florent Ladeyn y ajoute de l'agar-agar. D'ailleurs, par sûre que l'agar-agar soit nécessaire car, théoriquement, pour une mousse, le gras de la crème suffit à maintenir l'émulsion, à la différence d'un espuma qui est, selon son inventeur le chef Ferran Adriá, un appareil émulsionné sans crème mais à base de purée, de coulis, de bouillon... lié à la gélatine, à l’agar-agar ou au blanc d’œuf.

Avec ou sans agar-agar, essayez, vous m'en direz des nouvelles !

 

Espuma de Maroilles Fauquet
Crédit photo : Fauquet / Virginie Garnier*

Espuma de Maroilles Fauquet au lard fumé et cendres d’oignons

- ½ Maroilles Fauquet

- 125g de farine

- 60cl de crème liquide à 35%

- 10cl de lait

- 2g d’agar-agar

- Sel, poivre

- 6 oignons blancs

- 4 tranches de lard fumé

- Un pain de campagne

Pour l’espuma de Maroilles Fauquet :

Faire chauffer à feu doux la crème liquide dans une casserole avec le lait et le fromage préalablement coupé en gros morceaux.

Remuer régulièrement jusqu’à ce que le formage soit bien fondu.

Ajouter 2g d’agar-agar et le faire chauffer 30 secondes puis retirer le tout du feu.

Rectifier l’assaisonnement en sel et poivre selon votre goût.

Mixer le mélange puis le passer au chinois.

Verser ensuite la crème dans le siphon. Ajouter 2 cartouches de gaz et secouer.

Pour les cendres d’oignons :

Préchauffer le four à 200°C. Eplucher les oignons blancs. Conserver les peaux pour fumer un ingrédient ou parfumer un bouillon.

Couper les oignons en tranches de 5 millimètres et faites-les rôtir 35 minutes.

Laisser refroidir et réduire en poudre grossière à l’aide d’un mortier.

Conserver les cendres au sec.

Pour les tranches de lard grillé :

Faire griller à la poêle, au four ou à la plancha sans matière grasse les tranches de lard fumé afin qu’elles soient croustillantes (pour donner un effet chips).

Pour le dressage :

Mettre l’espuma de Maroilles Fauquet dans des petites verrines et parsemer par-dessus des cendres d’oignons.

Servir avec une tranche de lard fumé grillé et un morceau de pain ou des frites pour la gourmandise !

*NB : La photo est sublime, elle est l'oeuvre d'une photographe très douée dont je vous ai déjà parlé, Virginie Garnier.

lundi 8 septembre 2014

Balade en Alsace II - Kaysersberg et le Winstub d'Olivier Nasti

Je vous parlais la semaine passée de ma rencontre avec le pâtissier-chocolatier strasbourgeois Thierry Mulhaupt dont les créations sont aussi belles que délicieuses. Je vous invite cette semaine dans un autre antre alsacien, celui d'Olivier Nasti à Kaysersberg.

Si vous ne connaissez pas ce joli village, foncez-y. Avec Riquewhir, Colmar et la route des crêtes, il fait partie des balades que j'apprécie en Alsace. Les maisons colorées à colombages, les cigognes, les jolies boutiques de poteries comme les devantures gourmandes des boulangeries, tout y est !

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Et puis, au bout de la rue principale, se dresse une jolie maison, celle des frères Nasti, le Chambard. Un hôtel-restaurant gastronomique distingué par deux macarons au guide Michelin, tout d'abord, une winstub attenante superbement décoré et un lieu plus détendu dédié aux flammekuche en face, Flamme & co.

Profitant de nos vacances à quelques kilomètres de là, c'est à la Winstub que nous avons décidé de déjeuner un midi du mois d'aôut. Et malgré quelques commentaires peu élogieux sur le net, nous n'avons été déçus. J'avais rencontré Olivier Nasti, MOF 2007 lors d'un déjeuner de presse à Paris et j'avais été charmée par sa cuisine. C'est donc par curiosité que je souhaitais me rendre dans un de ses établissements. Un restaurant tenu par son épouse, Patricia, avec une ambiance qui m'a tout de suite charmée. On y vient pour y déguster des plats traditionnels alsaciens - choucroute, beackaoffa, lewerknepfles, poissons de rivières, gibier...-, élaborés avec des produits de qualité et  beaucoup de soin. Un bémol sur la présentation qui pourrait être plus travaillée.

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Nous avons opté pour le menu du terroir à 29€ hors boisson, proposant 2 entrées, 2 plats, 2 desserts. Le menu enfants offre 1 plat et 1 dessert très bon mais très copieux et donc un peu cher (13,50€) pour des petits moineaux.

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Notre déjeuner a débuté par une mise en bouche à base de crème, de munster frais et de hareng. Nous avons poursuivi , l'un, avec un presskopf de poisson, sauce raifort, très fin et parfait au vu de la chaleur, l'autre avec une tarte à l’oignon et salade de saison, une entrée simple mais bien cuisinée.

2014 08 08 - déjeuner au Winstub d'Olivier Nasti à Kaysersberg (9)

Nous avons poursuivi avec une copieuse choucroute du Chambard, dont la charcuterie était très bonne et les légumes cuits juste comme il faut et sans aigreur. Le suprême de volaille à la crème et aux champignons étaiet bien parfumé. Un régal pour les enfants ! Le filet de sandre en matelote et ses nouilles alsaciennes était délicieux, la cuisson du poisson parfaite,  la sauce subtilement parfumée au vin d'Alsace.

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En dessert, nous avons craqué pour une tarte aux myrtilles et un kougelhopf glacé au marc de Gewurztraminer, savoureux mais plutôt copieux après un tel repas. Mieux vaut y déjeuner qu'y diner !

2014 08 08 - déjeuner au Winstub d'Olivier Nasti à Kaysersberg (5)

2014 08 08 - déjeuner au Winstub d'Olivier Nasti à Kaysersberg (3)

Voilà un restaurant qui a satisfait nos papilles, loin des attrape-touristes du village qui vous font miroiter une horde de plats traditionnels mais vraisemblablement pas frais, ni même faits maison, au vu de la carte imposante. A découvrir les yeux fermés.

 

2014 08 08 - déjeuner au Winstub d'Olivier Nasti à Kaysersberg (16)

Winstub du Chambard

9-13 rue du Général de Gaulle - 68240 KAYSERSBERG - tél +33 (0) 3 89 47 10 17

www.lechambard.fr

 

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lundi 1 septembre 2014

Balade en Alsace I - Thierry Mulhaupt, un artiste accompli

Souriant, discret et raffiné, Thierry Mulhaupt m'attend, en cette fin de matinée de juin, sur le pas de la porte de l'hôtel Meurice à Paris. C'est dans un des salons que nous allons passer une heure à bavarder en tête à tête autour d'un thé. Une heure pendant laquelle le pâtissier-chocolatier strasbourgeois plusieurs fois primé nous livre son parcours, sa passion pour la pâtisserie et l'art en général et quelques secrets de chef en prime !

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Thierry Mulhaupt, qui êtes-vous ?

Je suis chocolatier-pâtissier en Alsace où je possède deux boutiques à Strasbourg depuis 1991 et une à Colmar depuis 2007. Depuis presque 15 ans (donc bien avant la mode des cours des chefs), je donne aussi des cours de pâtisserie pour les particuliers car j'aime transmettre du savoir et rendre les gens heureux. Ce que les participants apprécient dans ces ateliers, c'est que les recettes sont réalisables chez soi. La difficulté, c'est de ne pas effrayer les gens. Dans quelques semaines, je vais également remettre en place des cours en live. J'en ai déjà donné un en 2013 et je compte renouveler cette expérience enrichissante [NDLR : le 6 décembre prochain, cours sur la confection d’une bûche de Noël, retransmis en direct sur Livestream].

Dans la même veine, vous sortez un livre Tartes folles*. Présentez-le moi.

J'avais déjà publié un livre il y a 3 ans intitulé Au grand bonheur des desserts qui avait connu un vif succès. Celui-ci rassemble 40 recettes de tartes avec un QR code pour les tours de main. Le but, c'est de réaliser des tartes comme celles que je crée chaque semaine pour mes boutiques. Des créations souvent "fofolles" comme une tarte à la salade de roquette et de fraises sur une pâte sablée, une autre aux champignons et truffe, une au thé matcha et aux agrumes...

D'où vous viennent vos idées ?

L'art m'inspire beaucoup. L'idée de la tarte au thé matcha par exemple m'est venue en écoutant une oeuvre musicale japonaise lors d'un concert de l'orchestre philharmonique de Strasbourg. Le vin m'inspire également. La tarte au chocolat et à la truffe, les chocolats des sous-bois aux cèpes et noisettes inspirés d'un grand Pomerol que j'ai dégusté et qui révélait des notes de terre, de café, de noisette... Si ces saveurs et ses arômes fonctionnaient pour le vin, pourquoi pas pour le chocolat ou les pâtisseries ? Je suis amateur de vin et je pense qu'il existe une grande correlation entre les couleurs, les arômes et les goûts. Une sorte de logique, en somme. Mes créations sont des délires certes, mais pragmatiques !

Vous pratiquez vous-même une activité artistique peut-être ?

Oui, je peins. J'ai pris des cours aux beaux-Arts il y a 30 ans alors que je travaillais à Paris. Et je viens d'exposer à la Galerie Pascale Froessel à Strasbourg. Mes tableaux sont très inspirés de la musique, de la pâtisserie, de la chocolaterie... D'ailleurs, chacun d'eux était relié à une oeuvre musicale et un gâteau.

Mais alors, comment créez-vous un gâteau ?

Toutes mes créations commencent par une phase intelectuelle. Je fais d'abord travailler ma mémoire des saveurs pour construire le gâteau. Puis je fais un croquis pour définir l'esthétisme. Je pense chaque création comme une oeuvre d'art. Ce que je veux, c'est "faire beau bon". Le temps de création est très variable d'un gâteau à l'autre. Certains sont comme des évidences, d'autres nécessitent du temps, des essais... Pour les bûches par exemple, la réflexion débute un an en amont. Pour les tartes, comme celle à la rhubarbe que je propose en ce moment, c'est un souvenir d'enfance. Cette tarte, simple en apparence mais qui requiert pas moins de trois cuissons, me rappelle immanquablement ma grand-mère.

Alors, justement, est-ce votre grand-mère qui vous a donné l'envie de pâtisser ?

Mon père tenait une boulangerie dans un petit village du sud de l'Alsace [ NDLR : et avant lui, 4 autres générations]. Mais j'ai préféré m'orienter vers la pâtisserie pour sa créativité. A 14 ans, j'ai fait mon aprentissage à Gebwiller pendant 2/3 ans puis je suis parti à Paris, d'abord à la tisserie Malitourne au 30 Rue de Chaillot, puis chez Dalloyau où je me suis pris d'affection pour le chocolat, Fauchon et à la Tour d'Argent. J'ai passé plusieurs concours [NDLR : Meilleur Jeune Pâtissier de France, Meilleur Jeune Pâtissier International à Barcelone, prix Jean-Louis Berthelot, 1er prix aux Olympiades de la Gastronomie de Francfort] à cette époque. Puis je suis revenu en Alsace, à la pâtisserie Jacques à Strasbourg que j'ai tenu en gérance dès 1987, pendant 3 ans. Puis j'ai ouvert ma première boutique en 1991.

Avez-vous un petit secret a révélé aux lecteurs de Mag'cuisine pour obtenir une délicieuse tarte, folle ou non ?

Je vous parlais tout à l'heure de la tarte à la rhubarbe. Et bien, en ce qui concerne la pâte brisée, il est important de bien sabler la farine et le beurre. Chaque particule de farine doit être isolée par le beurre pour éviter l'élasticité du gluten.Il faut aussi compter pas moins de 650g de beurre par kilo de farine. La pâte doit être précuite à blanc 15 à 20 mn. Ensuite, il est judicieux de la recouvrir de poudre d'amande pour l'isoler du jus rendu par la rhubarbe. Je recouvre ensuite des dés de rhubarbe crue et de flan avant de cuire une 2ème fois. Enfin, je recouvre la tarte de meringue et cuis la tarte une 3ème fois. La précuisson est nécessaire pour toutes les tartes à pâte brisée, même celles aux pommes qui cuit 2h30 environ. C'est le secret de la réussite !

Merci Thierry Mulhaupt !

* Tartes folles, Th. Mulhaupt, édition La Nuée Bleue, dès le 3 octobre 2014,  29 €

THIERRY MULHAUPT PATISSIER 18, rue du Vieux Marché aux Poissons 67000 Strasbourg Tél : 03 88 23 15 02

THIERRY MULHAUPT CHOCOLATIER 5, rue du Temple Neuf 67000 Strasbourg Tél : 03 88 32 43 80

THIERRY MULHAUPT PATISSIER 6, place de l'École 68000 Colmar Tél : 03 89 41 24 63

www.mulhaupt.fr (actualités, biographie, recettes, tours de main, achat en ligne...)

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lundi 18 août 2014

Poulet le dimanche, salade vite faite le lundi

Pendant les vacances ou après le travail, rien de tel qu'une petite salade vite faite, bien faite et si gourmande. En préparant un poulet rôti le dimanche, le dîner du lundi est tout trouvé !

salade poulet (1)
shopping : assiettes Alinéa

Salade aux restes de poulet rôti du dimanche

pour 4

- les restes d'un poulet : un filet, une cuisse et la chair grattée sur la carcasse suffisent

- une laitue

- 2 belles tomates

- 4 oeufs

- un bocal d'artichauts à l'huile (Sacla par exemple)

- un reste de pain

- du parmesan

- qqs tiges de ciboulette (et quelques fleurs c'est encore mieux)

- 1+ 3 cs d'huile d'olive

- 1 cs de vinaigre de cidre

- 1 cs de moutarde au miel (Clovis en fait une excellente)

- sel, poivre

Faire cuire les oeufs à l'eau bouillante 10 mn. Les trasnférer dans de l'eau glacée.

Préparer la vinaigrette en mélangeant la moutarde, le vinaigre et le sel. Ajouter l'huile et le poivre. Bien fouetter.

Couper le pain en rondelles. Les déposer sur la lèchefrite. Arroser d'un peu d'huile d'olive. Enfourner à 180° pour 10 mn.

Laver et essorer la laitue. La mélanger dans un saladier avec la vinaigrette.

Laver et couper les tomates.

Déchiqueter le poulet en lanières.

Ecaler les oeufs, les couper en deux.

Déposer la salade dans chaque assiette. Ajouter le poulet, les tomates, les artichauts, les oeufs et les croûtons de pain.

Prélever des copeaux de parmesan à l'aide d'un couteau économe et parsemer le dessus des assiettes.

Ajouter de la ciboulette ciselée, un cordon de vinaigrette restante et servir sans attendre.

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lundi 11 août 2014

Ils ont des gâteaux ronds, vive la Bretagne !

Sous une croûte de caramel au beurre salé, le kouign amann cache une délicieuse pâte aérée, moelleuse et fondante. Une merveille de gourmandise qui, d’après le dicton breton, « le fait qui veut, le réussit qui peut ». Cette préparation réputée délicate se laisse néanmoins dompter. En tout cas, j'ai tout fait pour. Deux jours durant, j'ai cherché une recette qui fonctionne. Mais rien de précis. Alors, j'ai fait plusieurs tests et peaufiné la recette. J'ai tenté de percer les secrets pour parvenir à un résultat plutôt séduisant. Je vous livre le tout. A vous de jouer !

kouign amann (6)

Selon l’Association des Artisans Fabriquant le Kouign Amann de Douarnenez, « la réussite d’un bon kouign amann est délicate. Son secret, si secret il y a, c’est qu’il demande du doigté et pour bien le réussir, une pratique très longue et assidue car contrairement à certaines pâtisseries que des ménagères réussissent à merveille, le kouign amann de Douarnenez est plus exigeant. » Voilà qui est dit ! Certes pour réussir un bon « gâteau au beurre » (kouign = gâteau et amann= beurre), l’expérience joue en sa faveur. Le tour de main aussi. Il est en effet nécessaire de maîtriser deux techniques : la pâte à pain et le feuilletage.

Le tour de main

Tout commence en effet par la réalisation d’une pâte à pain. Composée de farine, d’eau, de sel et de levure de boulanger, elle doit, après 3 heures de repos au moins (une nuit tout au plus), être élastique et très souple. C’est ainsi qu’elles étaient autrefois réalisées par les boulangers puisqu’ils devaient ensuite la pétrir à la main et non à la machine. Cette texture est primordiale pour la suite. C’est même l’un des secrets d’un bon kouign amann. On l’obtient en ajoutant suffisamment d’eau. La quantité est d’ailleurs variable selon la qualité de la farine, même s’il ne faut jamais en ajouter plus de 60% du poids de la farine. Le respect de la température est également important. Elle doit être tiède, autour de 37/38°. Trop froide, la levure n’agit pas, au-delà de 50°, elle meurt.

Une fois reposée, la pâte doit être pesée pour déterminer la quantité de sucre et de beurre à y incorporer. Pour un kilo de pâte, on ne compte pas moins d’une livre de beurre et autant de sucre. Impressionnant ? Certes, mais c’est à ce prix que le gâteau est bon. Moins, il serait sec, caoutchouteux comme un mauvais pain sucré.

L’art du feuilletage

Sur un plan fariné, la pâte est abaissée sur un bon centimètre d’épaisseur, en carré ou en rectangle, peu importe. Le beurre assoupli et lui aussi abaissé à des dimensions légèrement inférieures vient alors coiffer la pâte sitôt recouvert de sucre. Délicatement, la pâte est ensuite rabattue en trois dans la largeur puis dans la hauteur. La difficulté à ce stade, c’est de bien enfermer le beurre et le sucre et de ne surtout pas déchirer la pâte pour ne pas les laisser s’échapper. C’est que, malgré son apparente rusticité, la pâte est très fragile et le moindre accroc est fatal pour la suite. Vient pourtant le moment où il faut l’abaisser pour lui donner encore des tours. Deux simples (c’est-à-dire en pliant en 3), comme pour une pâte feuilletée. On obtient alors un carré ou un rectangle comme au départ. Les angles sont ensuite rabattus au milieu, comme une enveloppe. A ce moment, certains boulangers ramassent la pâte en boule et l’étale grossièrement en rond. Autant dire que la pâte doit alors disposer d’une sacrée résistance. D’autres préfèrent disposer directement la pâte dans un moule à manqué bien beurré, en rabattant les angles sur le dessus. Le moule en métal doit être de la taille du pâton obtenu, pas plus grand, au risque de voir le gâteau s’affaisser à la cuisson pour investir pleinement les lieux. Le dessus est généreusement badigeonné de lait pour lui apporter une jolie couleur à la cuisson. Le kouign amann est alors prêt à cuire, dans un four préchauffé à 200° pendant 45 mn environ.

Si ça peut vous rassurez, après plusieurs essais, je ne suis jamais parvenue à faire tous les tours comme il le faudrait. A chaque fois, la pâte perçait et ne me permettait pas de poursuivre le tourage. Et pourtant, mes Kouign Amann ont tous eu du succès. Comme quoi, si votre pâte perce, ne la jetez pas, essayez de la plier pour qu'elle ait une allure à peu près convenable dans le moule et que le beurre et le sucre restent bien efermés à l'intérieur et faites cuire !

Les ingrédients incontournables

On choisit du beurre, breton de préférence, demi-sel. Pas de beurre au gros sel dont les grains déchireraient la pâte. Pas de beurre doux non plus qui ne confèrerait aucun goût au gâteau. Sa qualité est évidemment primordiale : plus il est frais et bien fait, meilleur est le kouign amann. En ce qui concerne la levure de boulanger, on peut opter pour un produit déshydraté même si la fraiche donne un meilleur résultat et plus encore le levain naturel. Seulement, celle-ci nécessite d’être activée dans un peu d’eau tiède avant d’être ajoutée à la farine. Faire l’impasse sur le sel serait une erreur : le kouign amann révèlerait en bouche la même fadeur qu’un pain sans sel. Le sel est en effet un exhausteur de goût mais il a aussi l’avantage de régulariser la fermentation de la pâte. Pour autant, il ne doit surtout pas entrer en contact direct avec la levure, sinon il viendrait tuer les champignons contenus dans la levure et empêcherait toute fermentation. En revanche, une fois mélangé à la farine, il n’y a plus aucun risque.

kouign amann (2)

Kouign amann

- 25 g de levure fraiche de boulanger (ou 10g de levure sèche de boulanger)

- 500 g de farine

- 8 g de sel

- 200 à 300g d’eau tiède

- la moitié du poids de la pâte à pain de sucre en poudre (soit environ 375g)

- la moitié du poids de la pâte à pain en beurre 1/2 sel (soit environ 375g)

- du lait

Délayer la levure fraiche dans un peu d’eau tiède*.

Y incorporer la farine et une pincée de sucre.

Ajouter progressivement le reste d’eau en pétrissant jusqu’à obtenir une pâte bien lisse et bien souple. Laisser reposer au moins 3h à température ambiante, sous un torchon à l’abri des courants d’air.

kouign amann - pâte à pain (2)

Préchauffer le four à 200°.

Sur un plan fariné, étaler la pâte en carré sur 1 cm d’épaisseur. Faites de même avec le beurre.

Déposer le beurre abaissé sur la pâte. Couvrir de sucre en poudre.

kouign amann - pâte à pain + beurre (1)

kouign amann - pâte à pain + beurre + sucre (1)

Plier en 3 dans la largeur puis de nouveau en 3 dans la hauteur.

kouign amann - pâte à pain + beurre + sucre (2)

kouign amann - 2ème tour (1)

kouign amann - 2ème tour (2)

Abaisser de nouveau la pâte sur 1 cm d’épaisseur. Donner un tour simple (pliage en 3).

Faire pivoter la pâte d’un 1/4 tour et donner un deuxième tour.

Rabattre les angles au centre du carré.

Placer la pâte dans un moule à manqué généreusement beurré. Replier les angles sur le dessus.

Bien badigeonner de lait.

kouign amann - prêt à enfourner (1)

 Enfourner pour 45 mn. Laisser tiédir ou refroidir avant de déguster.

kouign amann - en cours de cuisson

* En cas d’utilisation de levure sèche, mélanger la farine et la levure. Ajouter le sucre puis l’eau tiède.

 

Pour la petite histoire…

Spécialité de Douarnenez dans le Finistère, le kouign amann aurait été inventé par un boulanger douarneniste, Yves-René Scordia, vers 1860. La légende dit qu’il s’agit d’un hasard, d’une pâte à pain ratée dans laquelle le boulanger aurait ajouté du beurre et du sucre pour ne pas la jeter. D’autres avancent l’hypothèse qu’à l’époque, la farine faisait défaut contrairement au beurre d’où les proportions peu ordinaires. Mais rien de bien plausible car Douarnenez commerçait alors activement avec la Norvège et le Danemark. On a parfois pensé qu’il s’agissait d’une variante du pain de ces pays, légèrement sucré, mais cette piste semble là aussi peu probable. L’Association des Artisans Fabriquant le Kouign Amann de Douarnenez penche davantage pour une recette élaborée lors des fêtes et des pardons avec le beurre apporté par les fermiers aux boulangers. Autant d’hypothèses dont aucun écrit atteste, ni la date de création, ni même la recette originale. Seul le savoir-faire a su se transmettre par tradition orale à travers le temps et se faire apprécier de tous. Au point qu’aujourd’hui sa popularité a même gagné le Japon et les États-Unis.

Le véritable kouign amann et ses imitations

En se présentant à l’endroit en non à l’envers comme dans les villes avoisinantes, le véritable kouign amann de Douarnenez se reconnait à sa scarification en losanges sur le dessus et à son apparence de trop cuit due à une jolie caramélisation. Confectionné le jour même, il se vend sous forme de galette ronde individuelle, familiale pour quatre à douze personnes ou bien en parts découpées dans un grand plat rectangulaire ou rond, la « roue de charrette ». De nombreuses variantes se vendent aussi sous le nom de « kouign amann » en Bretagne et ailleurs. Il peut s’agir d’un tour de main légèrement différent comme par exemple l’ajout de sucre à chaque tour donné. Dans le pays bigouden, on ne met pas de beurre mais du lait et du sucre. A Groix, on badigeonne avec un œuf. A Belle-Île, celui qu’on appelle aussi « beurrée belliloise » est façonné en rond comme un escargot et ressemble d’avantage a un palmier. Parfois, le kouign amann n’a pas de feuilletage, d’autres fois encore, il renferme des pommes ou d’autres fruits, et même des algues ! Visiblement, il en faut pour tous les goûts. Mais rien ne vaut le vrai !

********************

Retrouvez cette recette et pleins d'autres dans le nouveau Papilles n°23 qui sortira jeudi 21 août.

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lundi 4 août 2014

Sorbet maison comme aux Antilles

Depuis quelques années, notre ville aménage chaque été une grande place en plage. C'est notre Paris Plage à nous ! Boissy Plage est certes beaucoup plus modeste mais tout à fait honorable et permet à tous de passer de bons après-midis à se distraire grâce à des animations variées : gym, bridge, danse country, massages, poneys, cuisine, quizz lecture, foot et jeux dans le sable, brumisateurs... La semaine dernière, alors que j'accompagnais ma fille, j'y ai fait la rencontre d'un monsieur qui vendait un délicieux "sowbé coco" réalisé sur place dans une bien drôle de machine : une sorbetière manuelle en bois venue tout droit de Guadeloupe.

Il s'agit d'un petit fût en bois qui reçoit un mélange de glaçons et de gros sel, dans lequel est calé un petit faitout en alu muni d'une manivelle, contenant de la pulpe de fruit (ou tout autre ingrédient nécessaire à la confection d'une glace). En tournant énergiquement le faitout et sous l'effet du mélange sel/ glaçon, le contenu se fige et se glace formant un sorbet.

sorbet coco à la gaudeloupéenne (1)

sorbet coco à la gaudeloupéenne (2)

sorbet coco à la gaudeloupéenne (3)

 

A la regarder de plus près, cette sorbetière a déjà une belle histoire et j'ai compris que ce Monsieur n'en était pas à son premier coup d'essai. Son sorbet était absolument fantastique, léger, rafraichissant, soyeux et pas trop sucré. Malheureusement, impossible de connaître vraiment la recette. Le secret était bien gardé. Tout juste si j'ai réussi à savoir que le monsieur avait mélangé de la pulpe de coco, du sucre, du citron (je crois) et de la cannelle. Il m'a dit qu'en Guadeloupe, on réalisait ainsi dans la rue toutes sortes de sorbet, qu'il suffisait de verser de la pulpe de fruit et de tourner énergiquement la manivelle.

Et je me suis alors souvenue d'une recette de Sophie Dudemaine que j'avais notée il y a quelques années lors d'une de ses émissions télé sur TF1 où elle avait organisé un goûter avec des enfants. Elle utilisait des sacs de congélation à la place de cette sorbetière mais reprenait ce principe : secouer une préparation en contact avec un mélange de sel et de glace. En attendant de tester ce sorbet coco selon cette méthode plus "occidentale", j'ai remis la main sur cette recette. A faire en relais, avec plein d'enfants, pour ne pas trop se fatiguer !

Glace à la vanille selon Sophie Dudemaine

- 80g de sucre

- 20 cl de lait

- 40 cl de crème fleurette

- 1 gousse de vanille

- 1 kg de gros sel

- 1 kg de glaçons

Dans un saladier, mélanger le sucre, le lait, la crème liquide et la vanille.

Verser le mélange dans un petit sac Zyploc (une boite plastique convient aussi)  et le fermer.

Dans un grand sac Zyploc (une boite d'une taille plus grande convient également), mélanger le gros sel et les glaçons.

Mettre le petit sac dans le gros.

Secouer pendant 7 minutes.

La glace est prête ! Magique non ?

Réserver au congélateur jusqu’à la dégustation.

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Découvrez d'autres sorbets, crèmes et parfaits glacés, avec ou sans sorbetière :

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glace au tiramisu

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sorbet à la mangue (sans sorbetière)

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soufflés glacés de clémentines aux pistaches

lundi 28 juillet 2014

Vins et fortes chaleurs sont-ils compatibles ?

Servir un rosé bien frais, un vin blanc et un vin rouge à la juste température, c'est possible avec quelques astuces. Mais encore faut-il pouvoir conserver ses vins dans de bonnes conditions, notamment l'été par fortes chaleurs...

 

La bonne température

Les vins rosés, légers et acidulés se servent aux alentours de 8-10°C. Les vins blancs secs et fruités se dégustent frais (de 9 à 11°C) ou entre 11 et 14°C lorsqu'ils sont plus opulents. Les vins rouges tanniques et charnus comme ceux de Bordeaux, les Côtes-du-Rhône, les vins du Languedoc et les vins du monde se servent à 17-18°C. Les vins de Bourgogne et ceux de Loire, fruités, réclament plus de fraîcheur : 15-16°C.

Sans glaçons ?

Au secours, pas de glaçons dans le vin ! Il n'y a que les anglo-saxons pour faire un truc pareil ! Ni même de vin rouge tout droit sorti du frigo. Là, pour le coup, c'est bien une manie des restos parisiens. Non seulement le froid masque les saveurs du vin mais en plus les glaçons le diluent. Si vraiment, vous aimez les rouges un peu frais, ou si vous n'avez pas eu le temps de rafraichir correctement une bouteille de blanc ou de rosé, préférez les glaçons en granit qui ne dénaturent pas les qualités organoleptiques du cru.

Le seau à glace et la poche rafraîchissante

Deux façons de limiter l'augmentation de la température des vins le temps du repas : le seau à glace et la poche rafrichissante. Mais attention, ceux-ci doivent être préalablement rafraîchis au réfrigérateur. Et sachez que le vin perd 1 à 2 degrés par heure.

Décanter, carafer ou aérer le vin ?

Décanter un vin consiste à le séparer de son dépôt. Une opération minutieuse souvent réservée aux beaux millésimes.

Certains vins, qu’ils soient charpentés ou plus légers, exigent néanmoins de passer en carafe pour déployer toute leur palette aromatique. Une à deux heures avant de servir le vin, versez votre nectar dans une carafe à fond large pour l’aérer.

Plus rapide, l'aérateur de vin permet d'oxygéner le vin en même temps que le service se fait dans un verre. Bien pratique et vraiment efficace  pour des vins un peu fermés. Faites le test en servant deux verres du même vin, l'un versé tel quel, l'autre passé dans l'aérateur. Vous serez bluffé par la différence. Cela fonctionne même avec l'eau !

Une cave idéale

À l'abri des rayons UV et des vibrations, les vins se conservent idéalement dans une cave maintenue à une température constante de 12°C et à un taux d'hygrométrie de 70%. Pour qu'ils soient à bonne température, sortez-les 2h à 2h30 avant de les servir.

L'armoire à vins thermo-régulée

Idéale pour stocker le vin et le servir à bonne température, l'armoire à vins a le désagrément d'inciter à la consommation car le vin est à portée de main. C'est d'ailleurs pour cette raison que je n'en veux pas ! Les températures varient en fonction des niveaux de placements : élevées dans le haut (pour les rouges) et fraîches dans le bas (pour les rosés et les blancs).

Un stockage dans sa caisse d’origine ?

S’il est possible de stocker son vin pendant quelques mois dans sa caisse en bois d’origine, attention aux cartons ! Ceux-ci favorisent le développement des moisissures dues à l’humidité et donc, la détérioration de l’étiquette de votre vin. Mieux vaut donc conserver ses bouteilles dans des racks spéciaux, à l'horizontal afin de laisser le vin en contact avec le bouchon. Ainsi, le bouchon ne se dessèche pas et le liège conserve son étanchéité. Cela permet d’éviter les risques d’oxydation et de vin bouchonné.

Cependant, garder la caisse en bois d’un grand cru est toujours judicieux pour la revente éventuelle des bouteilles dans l’emballage d’origine. Veillez seulement à la surélever du sol de quelques centimètres, à l’abri des courants d’air et de l’humidité.

Quel vin entreposer dans sa cave ?

Les vins rouges, capables de vieillir, dits « vins de garde » concernent principalement les régions de Bordeaux, Bourgogne, Vallée du Rhône (Côte-Rôtie, Chateauneuf-du-Pape) et Sud Ouest (Cahors) mais aussi les vins blancs de Bourgogne ou les vins blancs liquoreux. En revanche, les vins blancs secs et les rosés ne se conservent pas plus de 2 à 3 ans tandis que certains champagnes fins méritent de vieillir de longues années.

 

Merci aux Caves des Montquartiers, concept inédit de gestion de caves à vins digitale dans d'anciennes carrières de craie à Issy les MOulineaux (92) pour toutes leurs conseils avisés. Plus d'informations sur www.icave.eu

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mercredi 23 juillet 2014

Gourmand fête son 300ème numéro ! Grand concours

Le magazine Gourmand pour lequel je travaille depuis quelques années sortira son 300ème numéro le jeudi 21 août prochain.

A cette occasion, tous les passionnés de cuisine (blogueurs ou non) sont invités à participer à son grand concours intitulé "Votre recette en vidéo ! "

Pour participer, c'est très simple.

Il suffit de poster, avant le 3 août au soir, sa photo et le texte de sa recette

sur la page http://gourmand.viepratique.fr/jeu/jeu-concours-n300-vos-recettes-en-video-45329.html

en choisissant une catégorie : apéritif, entrée, plat, dessert ou chocolat.

Les internautes sont ensuite invités à voter jusqu'au 24 août, pour leur recette préférée.

La recette ayant reçu le plus de votes (dans chacune des catégories) sera désignée comme gagnante et sera reproduite en vidéo.

Une belle façon de partager sa passion.

Alors ... Que le meilleur gagne !

Ecrit par magkp à 17:53 - - Lire ou ajouter son grain de sel [0] - Permalien [#]

lundi 21 juillet 2014

Le temps des confitures

Chaque année, à la saison, je me réjouis à l'idée de préparer des confitures. Petite, je voyais déjà ma grand-mère et ma mère procéder à ce rituel estival. Nous partions, dans le jardin ou le long des chemins, à la cueillette de groseilles, de framboises, de mûres... La maison embaumait bien vite des délicieuses odeurs de cuisson. Et quel plaisir lorsqu'il s'agissait de goûter l'écume sur un petit morceau de pain. Nous avions déjà là les prémices des prochains petits déjeuners.

Pour que la préparation reste un plaisir, je m'interdis de trop cueillir d'un coup. Dix pots grand maximum à chaque fois. Souvent, même moins : deux ou trois pots suffisent à me satisfaire. Je profite aussi de quelques fruits qui ont été boudés dans la corbeille et tendent à se gâter ou encore des premières récoltes dans le jardin. Quelques abricots, une poignée de framboises, quelques tiges de rhubarbe... font déjà de bien gourmandes confitures. Elles se conservent peut-être moins vite mais elles sont mangées si rapidement que ça n'est pas un souci.

confiture de poire (3)

Confiture, gelée, marmelade...

Sauriez-vous faire la différence ? Elles sont toutes à base de fruits, mais leur réalisation diffère et le résultat aussi. Les deux premières sont des mélanges gélifiés. La confiture se prépare avec des fruits, entiers ou en morceaux, cuits dans un sirop de sucre. Translucide, la gelée n’utilise que le jus des fruits et du sucre. La marmelade, quant à elle, est une préparation à base de fruits réduits en purée, par macération dans du sucre. Idéal pour les débutantes et/ou les fruits qui ne se tiennent pas à la cuisson. Attention, dans le commerce et selon la législation française, le terme ‘marmelade’ ne s’applique qu’aux confitures à base d’agrumes. Celui de ‘confit’ à tous les ingrédients autres que les fruits (alcool, fleurs, herbes..).

A première vue, rien de compliqué donc. Seulement, pour qui s’est déjà essayé à l’exercice, la gelée en  particulier n’est pas toujours facile à dompter. Le secret de la réussite ? Acidité, pectine et sucre. Seul le mariage de ces trois éléments conditionne une bonne gélification et, du coup, une parfaite conservation. Mais, tout est question de dosage...

confiture de mûre 004La pectine, c’est quoi ?

Présente naturellement dans les fruits, mais en quantité variable selon la variété et leur maturité, la pectine permet aux gelées de « prendre », sous l’effet de la cuisson et au contact d’acidité. La pomme, la groseille, la prune, le cassis, le coing ou les agrumes en sont très riches mais la plupart des fruits à noyau et à pépins n’en contiennent quasiment pas.

Si les fruits avant complète maturité renferment davantage de pectine, sachez aussi que c’est dans les pépins, le cœur et la peau qu’elle y est plus abondante. C’est la raison pour laquelle vous pouvez ajouter un trognon de pomme, enveloppé dans une mousseline, au cours de la cuisson d’une gelée de poire ou de pêche, par exemple.

A moins que vous ne préfériez incorporer de la gelée de pomme, de groseilles ou du jus de citron en fin de cuisson. Ou bien encore utiliser du sucre « spécial gelée » ou des pectines en poudre ou liquide que l’on extrait industriellement des pommes, bien que je n'y vois aucun intérêt. Je préfère utiliser le sucre cristallisé basique (celui en paquet de papier à petit prix) et ajouter un trognon de pomme le cas échéant.

L’acidité, pour quoi faire ?

Afin d’éviter au sucre de se cristalliser, les fruits utilisés dans la gelée doivent être suffisamment acides. Un truc : comparez le goût du fruit avec celui d’une citronnade réalisée avec 3 cuillères à soupe d’eau, 1 cuillère à café de jus de citron et ½ cuillère à café de sucre en poudre. Si le fruit paraît moins acide que cette préparation, c’est qu’il ne l’est pas assez pour réaliser une gelée.

Pour y remédier, vous devez alors ajouter, avant cuisson, un jus de citron, du vinaigre de cidre ou du jus de groseilles. C’est notamment le cas avec les baies de sureau, le coing, la figue, la mangue, le melon, la pêche, la poire... D’ailleurs, ces fruits même, également pauvres en pectine.

Le sucre, à quoi ça sert ?

Comme chacun sait, le sucre est un excellent conservateur. Pour éviter tout risque de moisissure, on a l'habitude de dire que la gelée devrait en contenir au moins 65%. Ce qui revient à compter le même poids de sucre que de fruits préparés. Pour celles qui n’aiment pas les préparations trop sucrés, ou dans le cas de fruits particulièrement sucrés, vous pouvez néanmoins diminuer la quantité de sucre à 750g par kilo de fruits. Au risque cependant d’augmenter le temps de cuisson et, par conséquent, de réduire le parfum des fruits et la quantité de gelée finale.

Préférez le sucre blanc cristallisé qui ne contient plus d’impuretés, contrairement au sucre roux, et permet d’éviter ainsi tout risque de fermentation. Semoule, il a l’avantage de fondre plus vite qu’en morceaux.

Des fruits mais pas n’importe lesquels !

La gelée est exigente. Elle n'accepte que des fruits fraichement cueillis, sains et pas top mûrs. Ils ne doivent être ni tâchés, ni abîmés, ni flétris, ni meurtris, encore moins moisis. Oubliez vos prunes qui trainent dans la corbeille depuis plusieurs jours : elles feront une excellente marmelade ou une compote, certainement pas une gelée !

Les fruits craignent les manipulations, les grosses chaleurs et la pluie. Evitez la cueillette après une averse : les fruits seraient gorgés d'eau. L’idéal est d’aller les cueillir par beau temps et de préparer la gelée dans la journée. Si vous n’avez pas assez de temps, lavez vos fruits et congelez-les. Vous préparerez votre gelée plus tard. Vous pouvez aussi congeler le jus des fruits que vous cuirez en temps voulu.

Une préparation dans les règles de l’art

confiture de mûres - étapes de confection (3)confiture de mirabelles (1)Commencez par laver soigneusement les fruits, excepté les fruits rouges qui risqueraient de perdre leur jus. Eux ont juste besoin d’être éclatés 5 à 10 minutes dans la bassine, avec un fond d’eau. Pour les autres, épluchez-les, dénoyautez-les et coupez-les en morceaux.

Pour une confiture, vous devez au préalable réaliser un sirop au perlé (105-106°) ou au boulé (108°-110°) avec 25 cl d’eau pour 1 kg de sucre en morceaux.

Pour une marmelade, il vous suffit de laisser mariner une nuit les fruits préparés avec le sucre avant de les faire cuire. Le sucre aura alors fondu dans le jus des fruits et offrira un excellent sirop.

Si vous faites une gelée, vous devez réduire les fruits en jus, à l’aide d’un extracteur, à défaut d’une étamine placée au-dessus d’un faitout, avant de le faire cuire avec le sucre. Laissez alors le jus s’écouler, sans le presser, ni le comprimer. Une nuit est nécessaire. Et même si ça vous semble long, c’est la recette d’une gelée limpide ! Les plus pressées peuvent toujours passer les fruits au moulin à légumes. Le jus n'est pas aussi transparent mais pour des fruits rouges, la méthode convient tout à fait.

confiture de mûres - étapes de confection (6) confiture de mûres - étapes de confection (8)

Les secrets d’une cuisson parfaite

Vient ensuite le moment de la cuisson. Pour les gelées, il faut dans un premier temps peser le jus obtenu qui va déterminer la quantité de sucre à ajouter. Selon les fruits et leur maturité, autant que de jus ou un peu moins (voir plus haut).

confiture de mûres - étapes de confection (11) confiture de mûres - étapes de confection (13)

Optez pour un faitout ou une bassine à confitures trois fois plus grand que le volume de jus car, en cuisant à gros bouillons, le mélange a tendance à passer par dessus bord. Préférez le cuivre qui accélère la prise ou encore l’acier inoxydable (mais votre faitout doit être de bonne facture avec des nords aussi epais que le fobd pour répartir uniformément la chaleur) plutôt que l’aluminium, pour éviter l’oxydation au contact de l’acide contenu dans les fruits.

Portez le mélange jus-sucre (dans le cas de la gelée) ou fruits-sucre (marmelade) à ébullition. Le temps de cuisson varie en fonction du type de fruits, de leur qualité (les fruits aqueux cuisent plus longtemps), de la quantité (moins elle est grande, plus la cuisson est courte) et de l’intensité du feu. Il peut aller de 5 minutes pour une gelée de groseilles à 35 minutes pour une marmelade de rhubarbe. Vous devez donc constamment surveiller la cuisson. D’autant que trop cuite, non seulement la préparation perd de son goût et de sa couleur, mais en plus, elle ne prend pas, ce qui oblige à recuire la préparation 30 minutes supplémentaires.

D'ailleurs, si les livres ont tendance à recommander une cuisson à feu doux ou modéré, j'ai remarqué qu'il valait mieux cuire rapidement et à feu vif (ou à peine, pour ne pas que ça accroche) pour assurer l’évaporation de l’eau des fruits et préserver leur arôme. Une précaution d'autant plus valable quand on n'a pas de bassine à confiture, aux bords évasées. Bien sûr, il faut alors mélanger souvent, sinon sans cesse, avec une cuillère en bois afin que les fruits n’accrochent pas.

La cuisson "à la nappe"

La préparation doit être cuite « à la nappe » c’est-à-dire lorsqu’elle nappe l’écumoire. Plusieurs trucs vous permettent de tester la prise de gelée :

  • lorsque l'écume qui recouvre petit à petit la surface disparaît, plongez une spatule en bois dans la gelée, sortez-la et tenez-la à l’horizontale. La gelée est prête quand elle forme 2 grosses gouttes qui se rejoignent ;
  • déposez une petite cuillère de gelée bouillante sur une assiette, laissez-la refroidir. Si elle se fige rapidement, c’est qu’elle est prête ;
  • versez une goutte de gelée bouillante dans de l’eau froide, si elle se fige sans se défaire, la cuisson est terminée.

Vous pouvez également utiliser un thermomètre. A 106-108°C, la préparation est à point.

Retirez du feu pour mettre immédiatement en pot.

Les astuces pour conserver les gelées et confitures

  • confiture de mûres - étapes de confection (15)Si le pot à confiture recouvert d’un papier a son charme, l’idéal reste quand même celui avec couvercle à vis qui améliore considérablement la conservation. Vous pouvez néanmoins recycler des pots en verre ou en terre, pour peu qu’ils résistent à la chaleur. Choisissez-les de petite dimension ; les gelées y prennent plus facilement que dans de grands bocaux.
  • Surtout, ne minimisez pas la propreté des pots et des couvercles ! La méthode traditionnelle consiste à les ébouillanter au moment de la préparation de la gelée et à les laisser s’égoutter, à l’envers, sur un torchon bien propre. Vous pouvez tout aussi bien les passer au lave-vaisselle : ils seront ainsi secs et chauds au moment du remplissage et supporteront mieux la chaleur de la préparation.
  • Mettez la préparation en pot directement après la cuisson, à l’aide d’une petite louche à bec verseur et d’un entonnoir à large ouverture. Essuyez les coulures avec un torchon propre légèrement humide.

shopping : torchon Jean Vier, casserole et maryse silicone Mauviel

  • Remplissez les bocaux à ras bord. Fermez les, au fur et à mesure du remplissage, et retournez-les aussitôt, sur le couvercle, à l’envers, au moins 10 minutes ou jusqu’à complet refroidissement. La préparation fait piston, l’air est complètement chassé, un vide se forme qui stérilise la cavité sous le couvercle. La préparation se conserve alors parfaitement plusieurs mois, sans avoir recours aux méthodes classiques de paraffine ou de feuille humectée d’eau-de-vie. La fermeture à chaud, c'est donc une technique imparable !
  • Stockez vos pots au frais, au sec et à l’abri de la lumière. A vous les bonnes tartines tout au long de l’année !

marmelade de clémentines (1)Ma confiture est liquide. Que faire ?

Peut-être n’est-elle pas assez cuite ? Il vous suffit alors de la recuire. Si elle ne prend toujours pas, c’est que les fruits ne sont assez riches en pectine. Ajoutez de la gelée de pommes, de groseilles ou un gélifiant du commerce et poursuivez la cuisson jusqu’à la nappe.

Si en plus, elle cristallise, c’est qu’elle manque d’acidité. Recuisez-la 10 mn avec 3 à 4 cuillérées à soupe de jus de citron par kg.

Zut elle est râtée !

Pas de panique, elle n’est pas pour autant fichue. Dure et cristallisée, votre confiture est trop cuite, le sucre trop concentré. Versez un peu d’eau bouillante pour faire fondre les cristaux de sucre et remuez bien (directement dans les pots, vous n’aurez qu’à les secouer). Moisie, la confiture se déguste néanmoins très rapidement. Il suffit juste de retirer la partie touchée. En revanche, si elle fermente (présence de bulles de gaz), jetez-la sans remords !

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Découvrez toutes mes recettes de confitures, marmelades et gelées en cliquant sur ce lien.

Ecrit par magkp à 08:48 - - Lire ou ajouter son grain de sel [0] - Permalien [#]

mardi 15 juillet 2014

Déjeuner à l'Auberge du Vert Mont

Il y a des déjeuners qu'on n'oublie pas. Et celui-ci en est un. Profitant en avril dernier d'un séjour dans le Nord que je ne connaissais pas et que j'ai particulièrement apprécié - tant par son soleil radieux, sa campagne verdoyante que le splendide centre ville de Lille -, j'ai eu envie d'amener ma petite famille chez Florent Ladeyn, gagnant de l'émission Top Chef 2013 que mes enfants apprécient beaucoup. En plus, ce jeune chef récompensé par le Gault & Millaut en 2011 s'est également vu décerné 1 macaron au Michelin 2014. Autant de bonnes raisons de franchir la frontière belge (sur quelques mètres avant de revenir dans les Monts de Flandre français) !

Attendus à 12h30, c'est dans une cour un peu sauvageonne, voire à l'abandon de jardinage, que nous arrivons avec un peu d'avance. L'auberge est installée en pleine campagne, dans un ancien corps de ferme qui domine une jolie vallée. La vue y est sans doute magnifique mais ce jour-là, il y a de la brume. Les cuisiniers sont en pause cigarette mais regagnent rapidement leurs fourneaux. Nous franchissons la porte, le sol carrelé encore mouillé me freine un peu. Pourtant, quelques personnes sont déjà attablées. Comme je ne souhaite pas me gâcher ce déjeuner, je fais fie de cet "écart" et me laisse entrainer dans la salle par le serveur qui nous a gentiment accueilli.

Au vu des tenues vestimentaires de ceux-ci, le ton est donné. Chemise et pantalon en jean, l'ambiance se veut décontractée. Le bois brut ou lasuré en blanc domine la grande salle : poutres, lambris et tables évoquent les Flandres. Le comptoir de bar avec ses pompes à bière nous rappelle que nous sommes dans le Nord. De grandes baies nous plongent dans la campagne verdoyante. J'adore l'atmosphère qui se dégage de cette salle, son côté serein, apaisant et si tendance.

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (2)

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (1)

Un petit tour dans les toilettes encore marqué par le passage d'une serpillère me laisse malgré tout un peu perplexe, un rapide tour d'horizon des lieux me confirme que l'équipe ne fait pas dans les détails en terme de ménage (quelques toiles d'araignée ont élu domicile sur les poutres de la salle ça et là) comme d'entretien extérieur. Tant pis, on s'en passera ! L'étoile doit quand même dire quelque chose, non ?

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (4)

En guise de bienvenue, on nous offre une petite terrine de porc accompagnée de son petit pot de saindoux et de belles tranches de pain (les premières dignes de ce nom depuis une semaine dans la région). Le serveur nous explique la carte, somme toute très réduite et ça rassure : un menu "sur le pouce" à 21€ composé d'une entrée, d'un plat, d'un dessert, ou bien trois menus surprise à 32€ (3 envois : entrée, plat, fromage, dessert, mignardise), 39€ (4 envois, une entrée de plus) et 47€ (5 envois). Ces menus sont également proposés avec la boisson : vins ou bières au choix.

Pour les enfants, Florent Ladeyn a eu l'intelligente idée de proposer le même menu que les adultes mais en portions réduites. Cela change des steack haché/frites + glace que mes enfants n'ont jamais aimés !

On nous demande s'il y a des choses que nous n'aimons pas : mis à part le céleri que je ne peux absolument pas avalé, rien ne m'arrête vraiment. Alors, on fait confiance, on leur laisse les commandes !

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (3) - amuse bouche terrine de campagne et saindoux

Nous optons tous les 4 pour un menu à 32€. Sans regret car ce qui suit est tout simplement divin ! Nous commençons par des endives braisées servies avec du chèvre frais râpé et des fleurs de bourrache fraichement cueillies au jardin (nous avons aperçu l'une des cuisinières y allait). Une entrée très fraiche, très légère et toute douce.

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (5) - endives braisées et fromage de chèvre frais râpé

Nous poursuivons avec une assiette kebab revisitée. Une brochette d'épaule et de ris d'agneau accompagnée de chou braisé, d'une tombée d'épinards, d'onion ring et d'une crème de chèvre. Des produits locaux, simples mais bien travaillés. Un succès auprès des enfants (de nous aussi) !

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (12) - Kebab façon Florent - brochette et ris d'agneau, chou braisé, épinards, onion ring et crème de chèvre

S'ensuit le plateau de fromage. Mais ne comptez pas vous voir servir un plateau classique. L'extravagance de Florent Ladeyn est encore au rendez-vous. Une crème de Maroilles rehaussée de cendre d'oignons et servie avec des frites à la place du pain. Déroutant au premier abord, on se laisse bien vite aller à faire trempette et l'association s'avère géniale. La crème est légère, simplement réalisée avec un bon Maroilles fermier fondu et allongé au lait. Les frites sont les meilleures que nous n'ayons jamais dégustées, légères et très digestes, confectionnées de manière traditionnelle avec de vieilles bintjes plongées dans du suif (de la graisse de boeuf). Mac Cain peut se rhabiller ! Une très très belle surprise. Une révélation même !

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (20) - plateau de fromage - frites crème de maroilles et cendre d'oignon

Après de plat, rien de tel qu'un sorbet. Celui est à l'oseille. Aussi bon que beau ! Des poires pochées, une crème montée et quelques miettes de sablés garnissent l'assiette. Parfait ! Un petit chou garni d'une compotée de rhubarbe meringée vient couronner le tout.

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (21) - sorbet à l'oseille et poire

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (23) - chou à la compotée de rhubarbe meringué

Un sans faute pour ce menu du jour qui met en valeur les produits locaux et de saison. A la fin du déjeuner, les quelques a priori du départ sont bel et bien envolés. L'équipe est en plus très sympathique, les serveurs discrets,efficaces, disponibles et souriants. Tout comme le Chef qui, pendant le service, prend même le temps de nous raccompagner à la voiture et de faire un brin de causette. Chapeau et longue vie à l'Auberge !

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (25) - vue sur le resto et le chef

2014 04 25 - Auberge du Vertmont (27) - Pose avec le chef Florent Ladeyn

Auberge du Vert Mont

1318 rue du Mont Noir

59299 Boeschepe

Tél. : 03 28 49 41 26

www.aubergeduvertmont.fr

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lundi 7 juillet 2014

Légumes rôtis simplissimes

Ca y est, le temps des tomates du jardin et des bons poivrons de Provence est arrivé. On en profite pour préparer de délicieuses ratatouilles et des tians bien parfumés. Mais quand le temps nous manque, intuile pour autant de se priver de ses légumes gorgés de soleil. Je vous invite à tester cette recette de flemmarde si simple et tellement goûteuse. A condition d'avoir des produits de qualité bien sûr !

légumes rôtis (12)

Légumes rôtis

4 tomates de toutes les couleurs

1 aubergine

1 poivron rouge

1 poivron jaune

3 courgettes

1 gros oignon rouge ou rose

2 gousses d'ail en chemise

du thym

de la fleur de sel

du poivre

de l'huile d'olive

Laver et couper tous les légumes.

Les déposer dans la lèchefrite.

Saler, pouvrer, poudrer de thym et verser un filet d'huile d'olive. Mélanger.

Faire cuire à 200°pendant 40 mn environ.

légumes rôtis (5)

légumes rôtis (2)

jeudi 12 juin 2014

Plateau télé : on dit ouêêêê aux fromages de chèvre

Vous n'êtes pas sans savoir que la Coupe du Monde de football démarre ce soir. L'occasion pour beaucoup d'entre vous de prendre l'apéro entre copains ou de dîner devant la télé. Car, pour supporter vos équipes préférées, rien de tel qu’un plateau tv. Mais avec 64 matches en 25 jours, pas question d’avaler pizza, bière et chips à chaque repas !

Heureusement, les fromages de chèvres sont là. Frais ou affinées, buchettes, crottins, pyramides, palets, pâtes pressés n'en finissent pas de nous étonner. On les déguste tel quel, à l'apéro ou en fin de repas. On les cuisine en version salée ou sucrée.

verrines pesto fromage frais tomates séchées croquants (2)Que diriez-vous à l'apéro de petites verrines au fromage de chèvre frais, pesto et tomates confites ?

Et si vous proposiez une petite tarte aux poireaux et crottins de chèvre lardés ? Ou encore une tatin au Sainte-Maure et jambon cru ? ou bien une autre aux oignons rouges et chèvre ?

Pourquoi ne partiriez-vous pas au japon le temps d'un dîner avec ses délicieux makis au chèvre ?

A moins que vous ne préfériez un plat plus roboratif comme ces râbles de lapin farcis au Rocamadour ou encore ces courgettes farcies au Coeur de Berry ?

 

 

 

Et comme un événement n'arrive pas seul, à l'occasion de la Coupe du Monde de Football, l'Association Nationale Interprofessionnelle CAPrine vous offre la possibilité de gagner un kit apéro.

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Les 4 premiers qui répondront correctement à la question suivante remporteront cette jolie boite :

Qu'est-ce qui est pyrogravé sur la paille de seigle qui transperce le Sainte-Maure de Touraine ?

1. la date limite de consommation ?

2. le nom du fabricant ?

3. la liste des ingrédients ?

Vous avez jusqu'à mercredi prochain, 18 juin 18h, pour participer en laissant votre réponse en commentaire de ce billet (cliquez sur "ajouter son grain de sel" ci-dessous). Bonne chance !

Et en attendant votre jolie box, direction le Brésil et ses wraps

ANICAP-Wrapavocatmangue-01crédit photo : anicap

Wraps au chèvre frais, mangue et avocat

- 300g de fromage de chèvre frais

- 6 tortillas

- 2 mangues

- 6 branches de coriandre

- qqs pincées de piment d'Espelette

- 3 avocats

- 2 citrons verts

- 1/2 oignon

- 3 pincées de paprika

- sel

Peler les avocats. Ecraser la chair à la fourchette en incorporant le jus des citrons.

Peler et émincer finement l'oignon.

Ajouter à l'avocat. Parsemer de paprika. Bien mélanger. Réserver au frais.

Ciseler la coriandre.

Dans un bol mélanger le fromage de chèvre et la coriandre. Ajouter du piment d'Espelette et saler légèrement. Réserver au frais.

Peler les mangues et détailler la chair en bâtonnets.

Répartir la préparation à l'avocat sur les tortillas.

Disposer quelques bâtonnets de mangue et finir par une couche de chèvre.

Rouler les tortillas et les couper en 2 dans le sens de la hauteur.

Fermer par un pique et servir.

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Plus d'infos sur www.fromagesdechevre.com

Ecrit par magkp à 18:25 - - Lire ou ajouter son grain de sel [5] - Permalien [#]
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vendredi 6 juin 2014

"Les carottes sont cuites". Je répète "les carottes..."

2013 06 06 - plages de Blainville (7)

Aujourd'hui, nous sommes le 6 juin. "Oui, et alors ?" me direz-vous. Eh bien, pour la Normande que je suis, c'est un jour important, puisqu'il célèbre le Débarquement des troupes alliées sur nos côtes normandes en 1944. Mon enfance a été bercée par cet épisode de la 2nde Guerre Mondiale. Les visites des cimetières et musées consacrés marquaient la fin de l'année scolaire et nos fameux "voyages scolaires". Aujourd'hui encore, dans ma mémoire, les plages du Calvados restent celles ponctuées de débris d'obus, de chars, de blockaus... tandis que celles de la Manche, du côté de Granville évoquent le sable, la baignade, et que les côtes plus haut dans le Cotentin, si sauvages, sont propices aux balades à pied.

Mais, cette année, le 6 juin est un jour encore plus important pusqu'il s'agit du 70ème anniversaire. De nombreux événements ponctuent cette journée dans la région et ouvrent une saison estivale très chargée, d'autant que les jeux équestres mondiaux élisent domicile en Normandie du 23 août au 7 septembre.

2013 09 27 - visite des chais de vieillissement Père Magloire (14)

Profitez-en pour découvrir cette région pour beaucoup méconnue, patrie, entre autres, de Guillaume Tirel, dit Taillevent, auteur d’un des premiers livres de recettes de l’histoire culinaire française, Le Viandier. Baladez-vous sur nos côtes et dans nos campagnes (même si cette année, elles risquent d'être encombrées). 

Partez à la découverte d'une gastronomie authentique et opulente. Flanez sur les marchés locaux, rencontrez des artisans, producteurs et restaurateurs amoureux de leur métier.

La pomme est sans doute l'emblème de la Normandie. Et avec elle, le Calvados et le cidre. Il faut dire que ce fruit occupe une place énorme, que ce soit dans sa consommation brute (l'adage "une pomme chaque jour éloigne le médecin" parle de lui-même) ou dans la cuisine où il se glisse de l'entrée au dessert.

panier de pommes (7)

Le cidre est la boisson pétillante du quotidien comme des fêtes. Elaboré à partir de moût fermenté d'un mélange de pommes à cidre acidulées, douces-amères et amères, il peut être vendu sous différentes appellations "bouché" (mousseux), "brut" (fermentation alcoolique terminée) ou "doux" (fermentation interrompue, plus sucré). Le Cidre de Normandie bénéficie d'un Label Rouge, le Cidre Pays d’Auge d'une A.O.C.

2013 09 27 - visite des chais de vieillissement Père Magloire (16)C'est lui qui entre dans la composition de l'eau-de-vie de terroir inventée en 1553, le Calvados. Celui-ci jouit aujourd’hui de trois AOC couronnant trois produits au caractère propre : le Calvados et le Calvados Pays d’Auge, issus de cidres locaux distillés et vieillis en fûts au moins deux ans, et le Calvados Domfrontais, dont le cidre distillé et vieilli en fût au moins 3 ans, contient 30% de poires à poiré.

Mais peut-être ne connaissez-vous pas le poiré ? Il est à la poire ce que le cidre est à la pomme, une boisson pétillante aux teintes dorées et au goût légèrement fruité malheureusement méconnue, mais dont l’AOC « poiré de Domfront » fait la fierté de sa région.

Sans oublier le pommeau, un apéritif doux et léger, issu du mutage (c’est-à-dire du mélange) de moûts de pommes à cidre avec du Calvados, qui fait partie de la famille des mistelles comme le pineau des Charentes, le floc de Gascogne, le macvin... S'il bénéficie d'une AOC depuis 1991, il n’a été autorisé à la vente qu’à partir de 1981. Auparavant, sa fabrication était illicite et gardée secrète ! Vieilli au moins 14 mois en fûts de chêne, il développe une belle couleur ambrée et une palette aromatique très riche.

2013 09 27 - visite des chais de vieillissement Père Magloire (9)

Tous ces breuvages font partie de la cuisine traditionnelle, parfumant une sauce, un dessert...

livarot

 

Mais que serait la Normandie sans ses vaches, leur lait - "l’or blanc de la Normandie" comme je l'appelle dans mon livre* -, la crème, le beurre et les fromages ? Crème et beurre d'Isigny, Camembert, Pont-l'Evêque, Livarot (le "colonel") : voilà 5 AOP qui, avec le Neufchâtel, le carré frais ou encore le petit-suisse, font la renommée laitière de la région.

 

 

Et puis, il y a la mer et ses trésors : saumons, bars, Saint-Pierre, maquereaux, turbots, barbarins, harengs, coquilles Saint-Jacques, huîtres, moules, coques, bulots, crevettes, tourteaux… Saviez-vous qu’une huître consommée sur quatre est d’origine normande ? D’ailleurs, à elle seule, la région possède 4 crus renommés revendiquant chacun un vrai goût de terroir : celle de pleine mer, de la côte Ouest du Cotentin, à la saveur iodée, celle au parfum de noisette de St-Vaast-la-Hougue, celle croquante d’Isigny-sur-Mer qui excelle en cuisine, et celle de la Côte de Nacre, ferme et charnue à la fois.

2013 06 06 - parcs à huîtres de Blainville (6)

Comme pour l’huître, la Normandie peut s’enorgueillir d’être la première région productrice de coquille Saint-Jacques en France. Et deux Labels Rouges confirment la qualité des Saint-Jacques, aux noix iodés pour celles de Granville, à la saveur plus douce au large de Port-en Bessin, Grancamp, Honfleur et Dieppe.

Je n'oublie pas non plus, l’agneau de Pré-salé du Mont-Saint-Michel. Voilà une AOC bien récente (2010) pour une pratique d’élevage qui remonte au moins au XIème siècle. Durant 70 jours, les « grévins », reconnaissables à leur tête et pattes noires, pâturent sur les « herbus », en liberté, lorsque la mer se retire. La végétation particulièrement salée donne à la viande une saveur unique, une tendreté et un gras ferme.

Un peu plus au nord, sur la côte, à quelques encablures des parcs à huîtres et à moules, les légumes ne sont pas en reste. Renommée pour son goût délicatement fruité, la carotte de Créances pousse dans des « mielles », ces petites parcelles de sable enrichi en algues par des producteurs attentifs, situées à l´abri des dunes, entre la mer et les landes. Un terroir traditionnellement maraîcher et reconnu par un Label Rouge qui honore aussi les poireaux cultivés sur ces mêmes terrains.

produits Made in Calvados (2)Que dire aussi des recettes traditionnelles que sont l'andouille de Vire, le boudin noir de Mortagne au Perche (ah oui, la région élève aussi des porcs, des veaux et de la volaille !), les tripes à la mode de Caen ou encore la teurgoule ? Reconnaissable à son dessin irrégulier contrairement à sa voisine bretonne de Guéméné, la véritable andouille de Vire est faite entièrement à la main avec de l’estomac, de l’intestin grêle et du gros intestin de porc. Pas moins de 10 étapes sont nécessaires pour réaliser cette charcuterie unique. Lavé et coupé en lanières, l’appareil digestif est salé et mis à mariner pendant plusieurs jours avant d’être assemblé, lié par une ficelle à une des extrémités puis recouvert d’une robe de porc. Fumée au feu de bois de hêtre et de pommier pendant plus d’un mois, l’andouille est ensuite dessalée puis cuite dans un bouillon entre 6 et 12 heures.

Probablement introduite par les Maures au XIème siècle, le boudin noir de Mortagne au Perche, une charcuterie de sang cuit, a toujours fait la réputation de la ville ornaise. Depuis 1963, une foire et un concours international lui sont même consacrés, récompensant le meilleur fabricant, sous l’égide de la Confrérie des Chevaliers des Goûte Boudin de Mortagne au Perche.

Les tripes à la mode de Caen auraient été inventées par un moine de l'Abbaye aux Hommes de Caen. Réalisée avec les quatre parties de l'estomac d'un ruminant (panse, feuillet, bonnet et caillet) et de pieds de boeuf, elles sont mijotés dans un bouillon de légumes relevé de cidre ou de Calvados, dans un récipient en terre conçu à cet usage, la « tripière », dont le couvercle est lutté, c'est-à-dire fermé hermétiquement avec un cordon de pâte.

La teurgoule est un dessert traditionnel du Calvados, à base de lait, de riz, de sucre et de cannelle. On l'accompagne d'une fallue (une brioche plate) qui se laisse napper volontiers, à l'occasion, de gelée de pomme ou de confiture de lait. Sans oublier les caramels d'Isigny, collants ou durs, qu'on déguste en toutes occasions.

Teurgoule (6)

Bon week-end gourmand !

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couverture livrePlus d'infos :

http://www.le70e-normandie.fr

http://www.normandie-tourisme.fr/70eme-anniversaire-de-la-bataille-de-normandie-849-1.html

http://www.normandie-tourisme.fr/restaurants-713-1.html

http://www.manoir-du-lys.fr

http://www.gourmandie.fr

http://www.calvados-tourisme.com

http://www.mancheterroirs.fr

http://www.orne-terroirs.fr

http://www.bienvenue-a-la-ferme.com/normandie

http://www.fromage-normandie.com

http://www.huitres-normandie.com

http://www.luxurycalvados.com

http://fromageriegillot.fr

http://www.mauviel.com

http://www.guydegrenne.fr

* Il n'y a pas que l'escalope à la crème en Normandie !, Magali Kunstmann-Pelchat, Tana éditions, 2012

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lundi 21 avril 2014

Parfait pour le dîner !

Au printemps, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais il m'est difficile de planifier les dîners. Ras le bol des soupes de l'hiver, mais les salades estivales n'ont pas encore leur place. Les légumes de saison ne sont en effet pas de la partie pour de tels plats. Et puis, si certaines journées sont fort agréables, les soirées sont plus fraiches. J'opte alors pour un petit velouté de fanes de radis ou de blettes de temps à autre, une quiche lorraine, des galettes, un poisson cuit au four... Et puis, il y a le croque. Monsieur, au jambon et gruyère, ou plus riche avec de la crème fraiche, plus gourmand avec une compotée d'oignons ou de pruneau, du jambon cru, du bleu ou du chèvre... Quant au Madame, c'est celui dont je me lasse le moins. Simple et copieux, il s'agrémente d'une petite salade verte pour un dîner (presque) parfait !

croque-Madame

Croque-Madame

pour 4 pièces

- 8 tranches de pain de mie

- 4 tranches fines de jambon rostello (une recette italienne aux herbes) ou autre jambon blanc

- 160g d'emmental ou de comté

- du beurre demi-sel

- 4 oeufs

- sel, poivre

Râper le fromage.

Tartiner légèrement de beurre toutes les tranches de pain sur une face.

Sur l'une d'elle, face beurrée non visible, recouvrir généreusement de fromage râpé.

Déposer une tranche de jambon pliée à la dimension du pain.

Recouvrir de fromage.

Déposer une seconde tranche de pain, face beurrée à l'extérieur (pour que le croque est une belle allure dorée grâce au beurre).

Déposer deux croques dans l'appareil électrique, prélablement chauffé. Fermer et presser sur le couvercle pour bien les souder.

Attendre quelques secondes (ou minutes suivant l'appareil) que les croque soit bien dorés.

Pendant ce temps, faire fondre une noix de beurre dans une poêle. Casser les oeufs et laisser prendre le blanc.

Saler, poivrer.

Retirer les croque-Monsieur* de l'appareil. Glisser un oeuf sur le plat dessus et servir avec une salade.

* Croque-Monsieur est un nom invariable : on dit des croque-Monsieur. Je suppose que c'est pareil pour la version féminine !

Ecrit par magkp à 08:25 - - Lire ou ajouter son grain de sel [0] - Permalien [#]
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